jeudi 21 novembre 2013


Le requin, voilà une créature particulièrement appréciée dans le cinéma de genre. Il y a bientôt quarante ans, Steven Spielberg dévoilait l'un de ses succès les plus célèbres, un long-métrage qui allait engendrer une jolie vague de mode persistant encore à l'heure actuelle, le désormais culte Les Dents de la Mer. Mythique et inégalé, son thème absolument inoubliable a semé la terreur sur les plages, marquant par la même occasion et définitivement le cinéma. Difficile d'oublier l'atmosphère, l'interprétation, les effets spéciaux absolument bluffants pour l'époque, loin de l'ère du numérique. Mais les péripéties de Roy Scheider ont connu trop de succès pour s'arrêter en si bon chemin, on le retrouve donc dans un second volet, même si Spielberg ne signe pas à nouveau. Le résultat est loin, très loin de la qualité de son prédécesseur, mais le film n'en demeure pas moins divertissant. Et comme réussite commerciale rime bien souvent avec début d'une saga, deux opus supplémentaires voient le jour à leur tour, un troisième volet plutôt réussi et un quatrième et ultime largement moins glorieux. Une fois de plus, on ne retiendra de la saga que la première et de loin meilleure oeuvre qui arrive encore aujourd'hui à nous faire frissonner. Un classique, un indémodable, qui mérite amplement son statut. 

Bien entendu, Les Dents de la Mer a fait bien d'autres bébés au fil des années, des bons comme des mauvais. Mais s'il est difficile de dégoter un shark-movie à sa hauteur dans cette longue liste, on a tout de même parfois eu de bonnes surprises, notamment ces quelques dernières années. C'était notamment le cas d'Open Water et de sa pseudo-suite Dérive Mortelle, qui nous embarquaient au beau milieu de l'océan aux côtés de personnages livrés à eux-même. Et si le spectacle s'avérait légèrement lassant dans le cas d'Open Water, le rythme et le réalisme de Dérive Mortelle arrive sans mal à nous tenir en haleine du début à la fin. Simplicité rime donc visiblement avec efficacité lorsqu'il s'agit de nous perdre en pleine mer, certains cinéastes l'ont compris. 


Plus particulièrement Andrew Traucki qui après avoir signé un Black Water assez efficace, récidive dans le genre et remplace son crocodile par de vilains squales dans The Reef. Une superbe affiche pour une très jolie réussite qui parvenait sans mal à nous clouer à notre fauteuil. Et oui, le shark-movie est parfois intelligent, et moins décérébré que la moyenne, grâce à ce genre d'oeuvres ayant pour maître mot le réalisme et la sobriété à toute épreuve. 

Mais parfois, la recette ne marche pas aussi bien que prévu. Et l'on hérite de films en demi-teinte, comme a pu l'être Dark Tide l'année dernière. Malgré une Halle Berry qui n'a plus de preuves à faire et un synopsis prometteur, le film peine à surprendre et nous laisse un petit goût amer, même s'il reste dans l'ensemble assez correct. Dans un tout autre style, Shark Night nous projetait dans les salles il y a quelques mois de charmantes entrailles dans la tête, grâce à une 3D plutôt bien exploitée pour une fois, faute d'un scénario bien intelligent. Un teen movie typique, cliché jusqu'à la moelle, mais qui avait suffisamment d'auto-dérision pour se laisser regarder non sans un certain plaisir, aussi coupable soit-il. Une petite dose de fun gore et idiot, aussitôt regardé aussitôt oublié. 

C'était également le cas de Bait 3D, qui donnait récemment au requin un lieu de chasse pour le moins original : un supermarché. Si le film n'était pas des plus crédibles, l'ambiance était au rendez-vous et il ne nous ennuyait pas le moins du monde. Et puis, il y a ces films et téléfilms tout juste diffusables en seconde partie de soirée un dimanche sur M6. Les calamités, les ratages, les séries Z qui font sourire involontairement, en témoignera la saga des Shark Attack, cheap au possible. En définitive, si le shark movie a hérité de très nombreuses séries Z qui ne demandent qu'à être oubliées, il a dévoilé toutefois au fil des années son petit lot de réussites plus ou moins mémorables, en exploitant une créature fascinante et effrayante à la fois.

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