C'est en 2000 que M. Night Shyamalan sort de l'ombre grâce à son tout premier métrage distribué en salles, une oeuvre qui reste et demeurera son plus grand succès au cinéma, et plus largement l'un des plus grands succès du genre, Sixième Sens. Ses successeurs nous le confirmeront, Sixième Sens rassemble les thèmes les plus chers au cinéaste. M. Night Shyamalan aime faire de ses oeuvres des objets intimistes, mettre en exergue les relations humaines, les sentiments, les émotions et la psychologie de ses personnages, constamment influencé par les thématiques et les pensées qui guident l'ensemble des scénarios de son parcours : le mystique, la spiritualité, les réflexions sur la vie, sur la mort. Et c'est cette approche tellement typique du cinéaste qui a fait et fait encore de Sixième Sens un très grand film. Et c'est sans aucuns doutes ce qui l'a fait peu à peu accéder à son rang de film culte.
A mi-chemin entre pur drame et film d'épouvante, ce dernier retranscrit l'histoire désormais célèbre d'un petit garçon qui voit des fantômes. Loin d'être un simple film d'horreur, Sixième Sens offre à son scénario un traitement sensoriel, tellement différent des ghost-story habituelles. Et si la magie, aussi noire et macabre soit-elle, parvient à opérer aussi facilement, c'est sans nul doute grâce aux deux têtes d'affiches que révèlent le film. Et avant tout celle d'Haley Joel Osment, qui marque définitivement le cinéma de sa prestation absolument bluffante, se plaçant en tête de liste des meilleurs enfants-acteurs. Dans la peau de Cole Sear, un petit garçon étrange et énigmatique auquel l'on s'attache inévitablement, Haley Joel Osment ne se débarrassera certainement jamais de son personnage. Un talent immense malheureusement vite gâché, une interprétation poignante que nous, pas plus que le cinéma ne sommes prêts d'oublier. A ses côtés, Bruce Willis signe l'un des plus grands rôles de sa carrière, le duo fonctionne à merveille, Sixième Sens ne serait sûrement pas la référence qu'il est devenu aujourd'hui sans ces deux acteurs dont la relation à l'écran nous prends littéralement aux tripes. La réussite du métrage repose donc avant tout sur ses interprètes, mais pas seulement.
Shyamalan sait diriger ses acteurs, mais il est tout aussi doué en écriture et en mise en scène. Aussi arrive-il à faire cheminer son intrigue, petit à petit, nous dévoilant progressivement ses différentes facettes, en s'aventurant au plus profond de ses personnages, pour nous intriguer, nous faire douter, nous faire peur, pour nous faire monter les larmes aux yeux et nous tétaniser quelques minutes après. Et ce jusqu'à la révélation finale, un twist renversant qui ancre encore plus le film dans notre tête. Et si la surprise de taille aurait tendance à nous envoyer chercher les failles, les incohérences, les visions suivantes nous prouvent que non, il n'y en a pas, que l'on s'est juste fait manipuler avec une aisance déconcertante, devant des indices qui deviennent pourtant tellement évidents par la suite. Et puis, Sixième Sens parvient à nous convaincre également grâce à un ingrédient essentiel aux films de sa thématique et bien trop souvent oublié : la suggestion et la sobriété. Ici, les fantômes n'ont pas de draps sur la tête ni d'effets numériques dernier cri, le film préserve sa crédibilité sans jamais nous perdre dans l'irréalisme visuel. A plusieurs reprises notre imagination est elle aussi mise à l'épreuve, Shyamalan s'amusant tout au long de son oeuvre à jouer sur le hors-champs, à nous inquiéter et à nous faire frissonner d'avance sur ce qui pourrait bien apparaitre à l'écran. Un plan, une image, parfois-même un silence suffit.
La bande-originale du film lui est d'ailleurs indissociable et nous emmène tout droit dans cet univers, une partie intégrante du succès du métrage. James Newton Howard est vraiment un compositeur extraordinaire, et d'autant plus lorsqu'il collabore avec ce réalisateur, ses morceaux collant toujours parfaitement aux ambiances et à l'esprit de ses oeuvres. Sixième Sens restera donc une date importante pour le cinéma de genre, même s'il est bien plus que ça. Une atmosphère, un univers, des motivations propres au cinéaste qui signe ici un chef d'oeuvre, bouleversant à tous les niveaux.
La bande-originale du film lui est d'ailleurs indissociable et nous emmène tout droit dans cet univers, une partie intégrante du succès du métrage. James Newton Howard est vraiment un compositeur extraordinaire, et d'autant plus lorsqu'il collabore avec ce réalisateur, ses morceaux collant toujours parfaitement aux ambiances et à l'esprit de ses oeuvres. Sixième Sens restera donc une date importante pour le cinéma de genre, même s'il est bien plus que ça. Une atmosphère, un univers, des motivations propres au cinéaste qui signe ici un chef d'oeuvre, bouleversant à tous les niveaux.


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