Un cinéaste controversé et une bande-annonce pour le moins énigmatique et prometteuse auront suffit à faire de The Lords Of Salem l'une des grosses attentes du cinéma de genre en cette année 2013. Il aura malheureusement fallu une fois de plus se passer d'une sortie en salles et se contenter du petit écran pour découvrir l'oeuvre. Regrettable ? Probablement. Alors que ce cher monsieur Rob Zombie se complaisait pour la quasi-totalité de sa filmographie dans un genre particulièrement glauque et dérangeant, son nouveau métrage semble teinté d'une couleur qu'il n'avait peut-être pas assez exploité dans ses films précédents. Si l'aspect très malsain de The Devil's Rejects en faisait une oeuvre particulièrement insupportable, le cinéaste avait toutefois réussi à nous combler grâce à ses deux réadaptations du mythique croquemitaine crée par John Carpenter. Deux oeuvres à en faire hurler les plus conservateurs des fanatiques d'Halloween premier du nom, un esprit totalement différent du mythe originel, mais surtout une noirceur et une esthétique bluffante, précisément les qualités que l'on pouvait attendre de The Lords Of Salem.
Et il est difficile d'être déçu de ce côté-là. Un film de sorcières, on ne pouvait pas rêver mieux en matière d'ambiance et d'imagerie macabre. The Lords of Salem est un film d'horreur profondément gothique, et c'est là la première bonne surprise qu'il nous réserve. A mille lieux de la surenchère et de l'outrance de ses deux premiers métrages, Zombie développe son film avec une sobriété réellement surprenante venant de lui. De la sorcellerie, du métal et Sheri Moon Zombie, le pari n'était pourtant pas gagné d'avance. L'actrice n'avait eu jusqu'ici que peu l'occasion de dévoiler ce dont elle était vraiment capable derrière une caméra, et si le rôle qu'elle incarnait dans les Halloween montrait déjà un potentiel certain, The Lords of Salem s'avère être sa révélation. Dans la peau d'une Heidi énigmatique et torturée, Sheri Moon et son quotidien solitaire est le centre-même du métrage, un personnage presque aussi fascinant qu'attachant.
Chroniqueuse pour une radio dont les sonorités ne dénotent pas avec le style résolument rock'n'roll de la filmographie du cinéaste, sa petite vie tranquille va basculer lorsqu'elle diffuse un morceau d'un mystérieux vinyle sorti de nulle part. Dés lors, de nombreuses influences ressortent, et toutes les critiques du monde ne pourront pas enlever à Rob Zombie son amour évident pour le cinéma de genre. Et c'est dans ce lyrisme macabre et cauchemardesque que le crescendo s'opère pour l'héroïne, une descente aux enfers nous renvoyant très vite au Rosemary's Baby d'un Polanski, en mille fois plus dérangé. Si le but du film n'est pas de faire peur à proprement parler, certaines séquences auront tout de même tendance à faire froid dans le dos, tandis que d'autres s'avèrent totalement glauques et dérangeantes, réalisateur oblige. Heureusement et toutefois, la sobriété de la mise en scène de Zombie l'empêche de retomber dans ce que l'on pouvait redouter de lui. Et l'on peut s'estimer heureux car c'est justement ce qui a le plus d'impact dans The Lords Of Salem, cette image très sombre qui influe énormément sur l'atmosphère et sur nos ressentis de spectateurs, cette sensation d'enfermement et d'oppression qui incarne en quelques sortes l'évolution de la psychologie d'Heidi, jusqu'au final, ces quinze dernières minutes où le cinéaste laisse exploser l'univers qu'il nous offrait avec beaucoup plus de retenue jusque là. Mais cela fonctionne pourtant assez bien, on ne décroche pas devant ce final diaboliquement sombre et gothique qui nous ferait presque penser à celui de The House Of The Devil à l'esprit finalement assez semblable à celui de ce dernier, la névrose du cinéaste en moins.
The Lords Of Salem n'est peut-être pas le film de genre de l'année, et s'il y avait sûrement matière à faire encore plus fou, encore plus sombre, il reste toutefois une surprise conséquente de la part d'un cinéaste qui fait difficilement l'unanimité. Ajouté à cela le plaisir de plus en plus rare d'assister à un film de genre pas le moins du monde commercial, on peut parler d'une vraie petite réussite.
The Lords Of Salem n'est peut-être pas le film de genre de l'année, et s'il y avait sûrement matière à faire encore plus fou, encore plus sombre, il reste toutefois une surprise conséquente de la part d'un cinéaste qui fait difficilement l'unanimité. Ajouté à cela le plaisir de plus en plus rare d'assister à un film de genre pas le moins du monde commercial, on peut parler d'une vraie petite réussite.


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