mercredi 20 novembre 2013


Noël, voilà une fête qui a inspiré bien des cinéastes. Et tout particulièrement l'univers sombre du cinéma fantastique et horrifique. Si l'on ne compte même plus les scénarios se déroulant pendant cette période de fête, certains ont fait de Noël le centre même de leurs métrages, au risque d'éclabousser très légèrement les traditions. Les pères-noël meurtriers, les serial killer cachés sous le sapin et les cadeaux empoisonnés, c'est aussi ça, la magie de Noël au cinéma.

1984. Alors que les slashers commencent à connaître un certain succès après la découverte des oeuvres-phares signées John Carpenter et autres Wes Craven, un style de tortionnaire assez différent inspire un cinéaste : le Père Noël. S'il ne reste aujourd'hui clairement pas le plus classique des films de genre d'époque, et encore moins le plus inoubliable, sa sortie ne se fit pas des plus discrètes. Et pour cause, lorsque le parfait symbole de Noël qui fascine tant les enfants dés leur plus jeune âge est transformé en un meurtrier sadique, cela ne plait pas vraiment aux mamans des 80's. Toujours est-il qu'en elle-même, Douce Nuit Sanglante Nuit n'est pas la plus mauvaise des séries B à l'ancienne mode. L'intérêt du slasher se cache en grande partie derrière le costume de ce cher Père-Noël, un tueur aux motivations un peu plus originales que la moyenne. Un petit garçon traumatisé par la mort de ses parents des mains d'un fou déguisé en Père-Noël, devenu adulte et terrorisé par tout ce qui concerne les fêtes de fin d'année. Quoi de plus naturel qu'une vengeance aussi violente que les souvenirs qui la provoquent ? Si le film s'essouffle sur la durée, sa première partie basée sur l'enfance et les antécédents du tueur est vraiment de qualité. Pour le reste, il ne s'agit ni plus ni moins que d'un slasher somme toute assez classique, assez vieillot aujourd'hui et facilement oubliable.

2006. Remake d'un slasher éponyme des années 70 devenu culte dans le monde du slasher à l'heure actuelle, Black Christmas plonge quant à lui un groupe d'étudiantes dans l'antre d'un tueur en série échappé de l'hôpital psychiatrique, le soir de Noël. Même si l'on comprends très vite qu'il ne s'agira pas du film d'horreur de la décennie, plus proche d'une série B lambda que d'un réel chef d'oeuvre, Black Christmas est typiquement le genre de petite production sans grande originalité qui nous fais toutefois passer un bon moment. Les clichés les plus classiques sont visités et revisités, mais la superbe photographie dont le film hérite et la petite bande d'héroïnes se montrent suffisamment attachantes pour que l'on adhère au métrage sans problèmes. Excessivement classique, souvent prévisible, mais divertissant et même plutôt plaisant, tant que l'on ne cherche rien de révolutionnaire. Ca crie, ça court, ça tue, ça saigne, et même si ce n'est pas follement intellectuel, on n'en demandait pas davantage. 

2012. L'univers de Noël continue de fasciner autant le cinéma fantastique avec la sortie attendue depuis déjà quelques mois de Père Noël Origines, sorti tout droit des pays nordiques, et plus particulièrement d'un certain Jalmari Helander, suite à deux courts-métrages aux thématiques semblables . Qu'as donc pu devenir le Père Noël, célébré tous les ans par des milliers d'enfants ? C'est dans cette sorte de petite conte horrifique que tout le mythe du vieil homme et de son traineau va prendre une toute nouvelle dimension. Une mystérieuse tombe du Père Noël conservée sous la glace et cachant de sinistres secrets, c'est le concept sur lequel se base le métrage. Original, ça l'est. Abouti, c'est déjà plus délicat. Si l'interprétation du petit garçon au centre du film est irréprochable, elle ne suffit pas à nous tenir en haleine jusqu'à la fin. L'ambiance très particulière et le style assez inhabituel qu'adopte Père Noël Origines est plutôt étonnant, nous délivrant autant de passages très réussis que de longueurs inutiles ponctuées de scènes peu inspirées. C'est dans l'aspect très noir du métrage que l'on retrouve le plus de bonnes idées, avec des scènes notamment assez inquiétantes. Mais le film se cherche et peine à mêler et mélanger les styles, passant d'un réalisme plutôt convainquant au quasi grand guignol dans sa dernière partie. Pour un scénario relativement prometteur sur le papier, il y avait certainement de quoi faire mieux. A défaut d'une grande surprise, Père Noël Origines reste tout de même un film fantastique sympathique.

Noël s'est révélé au fil des années une source d'inspiration délicieusement horrifique pour de nombreux réalisateurs. Si certains ont su faire de cette fête le cadre idéal pour un spectacle morbide, à l'image du cultissime Gremlins, savant mélange de film pour enfant et de véritable fable noire et macabre, d'autres s'y sont désespérément ratés, en témoignera Jack Frost, l'une des séries Z les plus... Z, de son genre. Les films d'animation ont d'ailleurs eux aussi contribué à cette sorte de magie noire crée autour des derniers jours de l'année, comme ont pu le prouver Le Grinch, ou encore Le Drôle de Noël de Scrooge, des oeuvres belles et sombres à la fois. Toujours est-il qu'il n'y a pas mieux qu'un film effrayant et délicieusement Noëlien pour terminer l'année, en espérant que la nouvelle soit à son tour riche en découvertes horrifiques.

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