mardi 19 novembre 2013




Il y a tout juste deux siècles, les frères Grimm publiaient l'un des plus célèbres contes de fée, toutes générations confondues. Repris quelques années plus tard au cinéma pour devenir l'un des plus grands classiques Disney, Blanche-Neige et les Sept Nains racontait l'histoire d'une jeune fille de roi pourchassée par sa belle-mère, qui avide d'être la plus belle du royaume, envoyait un chasseur pour assassiner la princesse prise au piège dans la forêt sombre entourant le château. A l'occasion des deux-cent ans d'anniversaire de cette héroïne du monde féérique, deux nouvelles versions arrivent sur nos écrans. Si la fraicheur et l'humour de la version mettant en scène Julia Roberts donnait lieu à un très joli film, le ton donné dans l'adaptation de Rupert Sanders apparaissait comme nettement plus sombre.


 Blanche-Neige et le Chasseur est un véritable film fantastique, bercé par la magnifique bande-originale du maître en la matière James Newton Howard. Mais également un film qui réinvente le conte dans une veine noire et obscure à souhaits, parfois même presque horrifique. D'un simple conte enfantin, on obtient un film visant un public beaucoup plus mature et adulte. Pourtant, le cinéaste a pris soin de reprendre sans exceptions tous les éléments d'origine. Qu'il s'agisse de la forêt des ténèbres, des mythiques sept nains, de la sorcière et sa pomme empoisonnée autant que du chasseur parti en quête du coeur de la princesse, on retrouve tout l'univers de Blanche-Neige entièrement revisité dans un style effleurant parfois l'héroïc fantasy. Kristen Stewart, Charlize Theron et le ténébreux Chris Hemsworth se partagent l'écran, et c'est un véritable sans-faute de ce côté-là. Kristen pourtant si niaise et inexpressive dans Twilight est réellement étonnante, interprétant à merveille et avec une sobriété plus qu'appréciable une Blanche-Neige moderne, combative, et pourtant toujours aussi sensible et à fleur de peau. 


De son côté, Charlize Theron incarne une reine narcissique mais cruellement charismatique, qui voit d'ailleurs dans cette adaptation son personnage beaucoup plus développé, presque autant que celui du chasseur, qui prends quant à lui une véritable ampleur dans l'histoire, en grande partie grâce à la performance très convaincante de monsieur Hemsworth. Si revisiter les contes est devenu monnaie courante au cinéma, Blanche-Neige se distingue sans mal de ce qu'il a déjà pu être fait dans le genre au jour d'aujourd'hui, à mille lieux du Chaperon Rouge de Catherine Hardwicke notamment. Car outre son casting, Rupert Sanders excelle dans l'esthétique de son film. Visuellement, Blanche-Neige et le Chasseur s'avère assez somptueux : on assiste à d'inquiétants passages dans la forêt des ténèbres peuplée de créatures assez peu accueillantes, ainsi que des moments beaucoup plus poétiques dans l'univers enchanté des fées et des elfes, sanctuaire des sept nains eux aussi beaucoup plus mis en avant dans cette version, magnifiée par des effets visuels irréprochables. On arriverait presque à penser au monde Burtonnien d'Alice aux Pays des Merveilles, Blanche-Neige étant d'ailleurs sujet à beaucoup de références et de mélanges de genres. Et c'est avec une magnifique chanson composée par Florence & The Machine que le générique de fin arrive, clôturant un film pour le moins surprenant et réussi. 

Blanche-Neige et le Chasseur est donc une très belle relecture moderne et attachante d'un conte déjà plutôt macabre à l'origine, qui prends dans cette nouvelle adaptation une dimension mille fois plus obscure. Entièrement portée par trois superbes personnages principaux et quelques effets visuels assez bluffants, c'est une vraie renaissance pour l'une des héroïnes phares des contes enfantins, encore plus approfondi et mis en valeur en termes esthétiques. C'est un spectacle glaçant que nous offre le cinéaste avec ce ténébreux Blanche-Neige et le Chasseur, pour l'une des meilleures surprises de l'année.

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