mardi 19 novembre 2013




Disponible depuis déjà quelques années sur la toile, The Haunting in Connecticut n'hérite d'une sortie en DVD qu'en ce début d'été sous un pathétique titre francophone, " Le Dernier Rite ", références racoleuses pour un film qui n'en avait pas forcément besoin pour être correctement vendu. Marketing, quand tu nous tiens. Pourtant, cette ghost-story typiquement américaine n'a rien d'honteux. En réalité, The Haunting in Connecticut est un film d'horreur extrêmement classique, extrêmement conventionnel, un film d'horreur qui ne révolutionne en rien le genre, mais qui s'avère tout de même assez réussi pour autant. On adhère sans grande difficulté au scénario sur lequel le métrage se construit, basé sur l'histoire - supposée inspirée de faits réels - d'un adolescent atteint d'un cancer, et forcé de déménager à cause des nombreuses procédures médicales subies quotidiennement. 

Bien sûr, et comme tout film de fantôme digne de ce nom, la nouvelle demeure de notre personnage principal et de sa famille ne tardera pas à révéler son lot de phénomènes étranges, toujours dans l'habituel petit crescendo Amityvillien, tandis que les révélations autour du passé de la maison émergeront peu à peu à la surface. Et oui, la ghost-story est un genre souvent très prévisible, et surtout prétexte à beaucoup de codes et de clichés, qui n'épargnent malheureusement pas cette dernière. Aussi, les apparitions surnaturelles dans les miroirs, les meubles qui se déplacent tout seul, et autres visions mystérieuses et sanguinaires seront de la partie, sans toutefois jamais tomber dans le too-much ni le rocambolesque. En effet, et il s'agit de l'une des qualités les plus appréciables du film, The Haunting in Connecticut parvient à rester suffisamment sobre et convainquant dans ses effets pour ne pas frôler de trop près le ridicule, pourtant très facile à atteindre dans ce genre de productions. En contrepartie, le film peine à effrayer et rares sont les moments qui parviendront à faire réellement monter l'adrénaline, à quelques exceptions près.

En revanche, pour un simple et banal film d'horreur, ce dernier surprends grâce à son angle plutôt singulier pour un film de genre, celui de la maladie. Si le film est loin d'être le plus riche en matière de scènes effrayantes, il arrive cependant à nous toucher à de nombreuses reprises, l'attachement et l'identification à ses personnages étant quasi-immédiat. On compatis très vite à la vie de cette petite famille et surtout, de cet adolescent malade, quoi qu'incarné par un acteur vraiment très peu charismatique. Kyle Gallner et sa moue habituelle et souvent agaçante semble toutefois à l'aise dans son rôle, et l'on s'y attache malgré tout. L'ambiance du film, quant à elle, hérite des stéréotypes habituels : des effets sonores à profusion, malheureusement trop excessifs pour être efficaces à chaque reprises, mais également de très bons passages vraiment réussis à l'image des nombreux flash-back concernant le passé de la maison. Très lugubres, ces retours dans le passé participent aux meilleurs moments du film. Et c'est certainement la dernière demi-heure de métrage qui le fait enfin décoller, dans un univers toujours plus macabre et inquiétant. The Haunting in Connecticut met donc pas mal de temps à démarrer, mais le petit défilé des horreurs final vaut largement le coup d'oeil, malgré un début un peu bancal durant lequel le réalisateur s'obstinait trop à vouloir faire sursauter ses spectateurs coûte que coûte. 

Finalement, The Hauting in Connecticut n'est qu'une classique ghost-story comme l'on en voit très souvent, dans laquelle seule l'ambiance glauque et morbide que le scénario instaure peu à peu arrive à faire la différence. Pas novateur pour deux sous, mais ni plus ni moins que tout ce que l'on peut attendre d'un bon film d'horreur divertissant, finalement capable de nous décrocher quelques frissons.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire