On nous annonçait la plus grosse frayeur de l'année, un Paranormal Activity puissance mille, un film terrorisant les foules de spectateurs dans les salles obscures. Bref, on nous annonçait Devil Inside, un énième found footage surfant à son tour sur la vague du film de possession tellement à la mode ces dernières années. Rarement la démonologie n'aura autant passionné les cinéastes, et même si les véritables réussites se comptent sur les doigts de la main, tout bon amateur du genre ne peut se refuser une petite escapade au royaume de ce fascinant Satan et de ses chers fidèles.
C'est donc sans d'extraordinaires attentes que l'on tentait l'expérience Devil Inside, avides des quelques frissons que laissait présager la première bande-annonce plutôt efficace dans son genre. Premier constat : il est de plus en plus difficile de parler d'originalité concernant la mise en forme dont le film bénéficie : la caméra subjective, le faux-documentaire, et la désormais traditionnelle bouffée de réalisme qui en ressort, une recette que l'on commence à connaître sur le bout des doigts. Si cette technique mettait brillamment en valeur des oeuvres comme Le Projet Blair Witch, [•REC], ou plus récemment Le Dernier Exorcisme, elle ne sert cette fois que de simple argument de vente. Si quelques scènes parviennent parfois à faire leur petit effet, la majorité des séquences ont un arrière-goût de réchauffé, le long-métrage reprenant un par un les stéréotypes du genre sans jamais nous surprendre, sombrant au fil des minutes dans la pure banalité. Si le pitch de départ aurait pu emmener le film vers de nouveaux horizons, grâce à son contexte particulièrement intéressant : Rome, son milieu ecclésiastique et son école d'exorcisme, le cinéaste semble ne pas vouloir perdre de temps avec le fond et ne prends pas la peine de développer les seuls aspects inédits qui auraient pu faire la différence. La seule parvenant à tirer son épingle du jeu restera la démoniaque Maria Rossi, qui endosse avec brio la parfaite tête de l'emploi et dont la folie arrive à nous faire tressaillir dans notre fauteuil à plusieurs reprises. Une performance assez bluffante pour un film malheureusement loin d'être à la hauteur. Les quelques montés d'adrénaline pourtant assez réussies - On frissonnera par exemple lors d'une impressionnante scène d'exorcisme et ses quelques démembrements qui font grincer des dents, ou encore le pétage de plomb d'un prêtre pendant le baptême d'un nourrisson - ne suffiront pas à nous convaincre, et encore moins à faire du métrage une oeuvre aboutie. Le syndrome Paranormal Activity a une nouvelle fois frappé.
Devil Inside restera toutefois le créateur d'un concept somme toute assez révolutionnaire : celui du démon sauteur. Semblable à de vilaines puces circulant et s'insinuant sournoisement d'âmes en âmes, il n'est visiblement pas très recommandé de se trouver dans le périmètre de l'une de ses victimes, la possession devenant une véritable maladie contagieuse dont même la foi la plus absolue ne vous sauvera peut-être pas. La petite réinvention du mythe peut prêter à sourire sur le papier, certains pouvant se le permettre - [•REC] quand tu nous tiens - mais d'autres pas ; et aurait presque tendance à nous tirer quelques larmes de profonde désolation lors de dernière scène du film, un final absolument atterrant d'idiotie et d'incohérence. Outre cette absurdité finale qui nous laisse quelque peu frustrés et dépités, on ne retiendra finalement pas grand chose de Devil Inside, hormis une affiche splendide et quelques scènes qui parviennent sans mal à nous rendre très mal à l'aise. Malheureusement, le fond n'était pas au rendez-vous et même la forme pourtant pas si mauvaise en soit ne suffit pas à rattraper le tout. Try again.

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