mercredi 20 novembre 2013

Cinq ans après sa première sortie américaine et moins d'un an après une distribution DTV française qui s'est faite longuement attendre, The Haunting In Connecticut revient en ce début d'année pour un second volet. Si le premier opus de Peter Cornwell se laissait agréablement regarder, cette pseudo-suite ne présente pas vraiment de points communs avec son prédécesseur. On quitte le Connecticut et on embarque cette fois vers la Géorgie, pour y suivre cette fois encore les frasques surnaturelles d'une nouvelle famille. Une maison de rêve perdue au milieu des bois récemment investie par un couple de jeunes parents, soit le parfait petit cadre pour une production horrifique qui respirait déjà sur le papier le vu et revu. 

Les premières impressions sont parfois trompeuses, La Cabane dans les Bois nous le prouvait définitivement il y a quelques mois. Mais ça ne sera malheureusement pas le cas cette fois. Pourtant, le film ne commençait pas foncièrement mal. La première surprise et pas des moindres concerne le casting. Et plus particulièrement la présence de Chad Michael Murray qui avait largement de quoi inquiéter, et pour cause : l'acteur qui s'était spécialisé au fil des années dans les rôles mièvres et sans grande ampleur dans la lignée des séries so-girly de sa filmographie, se montre cette fois sous un tout nouveau jour. Et c'est dans une sobriété que l'on ne lui connaissais pas qu'il interprète le père de la famille au centre du métrage, aux côtés d'une sympathique Abigail Spencer et de leur petite fille attendrissante et plutôt crédible. Pas de soucis jusqu'ici. Si The Haunting In Connecticut ne brille pas, cela ne vient donc pas de l'interprétation qui est peut-être l'un des seuls points que l'on arrivera à sauver une fois le générique de fin terminé. En réalité, seule la première demi-heure s'en sort globalement bien. Les relations développées entre les différents personnages les rendent plutôt attachants. Une mise en place suffisamment intéressante pour retenir notre attention, le début d'une intrigue qui faute d'être la plus prometteuse de l'année arrivait à susciter notre curiosité, laisse malheureusement place au grand n'importe quoi, et ce dans tous les sens du terme. Arrive donc le gros, très gros problème de Ghost Of Georgia : l'arrivée sur la pente glissante de la surenchère et du grand guignol, cette pente qui arrive si facilement à discréditer un scénario et tout ce qui va avec. 

Si l'on se contentait au début du film de quelques hallucinations horrifiques peu efficaces de la part de l'actrice principale, d'une bande sonore saturée de murmures et autres chuchotements glacials d'outre-tombe, et des habituels amis imaginaires des enfants victimes des ghost-story donnant lieu à des monologues pas toujours des plus rassurants, la seconde partie tombe dans du spectacle horrifique bas de gamme. Impossible de compter le nombre de jump-scares qui se vautrent littéralement les uns après les autres, l'ambiance du film ne parvenant pas à nous plonger dans le bain. Et puis, c'est au tour des effets spéciaux de faire leur entrée en scène, et par la même occasion, d'emmener définitivement The Haunting In Connecticut, Ghosts Of Georgia, au fin fond du précipice. Les quelques effets visuels du début du film n'étaient déjà pas des plus convaincants, mais on nous avait gardé le meilleur pour la fin. Le film part dans un véritable délire assez glauque et pas toujours des plus compréhensibles. A trop vouloir jouer avec les logiciels numériques de ses ordinateurs, mais également avec les codes horrifiques qu'il recycle sans aucune efficacité et encore moins d'originalité, Tom Elkins qui avait toutefois contribué à la réussite du volet précédent envoie directement son produit dans le rayon des séries Z, ces films d'horreur ratés que l'on oublie instantanément après leur visionnage. Peut-être n'aurait-il pas dû changer de poste et prendre en main la réalisation de cette suite qui se révèle bien en dessous de son prédécesseur largement plus abouti. 

C'est dommage, ne serait-ce que pour cette affiche esthétiquement pas des plus repoussantes, ou même pour la jolie surprise que nous réserve notre gentil Chad Michael Murray. Surfer sur le succès de The Haunting In Connecticut n'était sûrement pas une bonne idée, il n'y a plus qu'à espérer qu'on ne nous en fasse pas une nouvelle saga épouvantablement navrante façon Détour Mortel, ambassadeur en la matière.

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