mercredi 20 novembre 2013


Les exorcismes au cinéma, voilà un thème très à la mode ces derniers temps. Si nos chers et chères possédées ont été capable du meilleur comme du pire, depuis le cultissime Exorciste jusqu'au récent Devil Inside, les productions de ces quelques derniers mois ne se sont pas avérées bien renversantes, du moins pas depuis l'excellente surprise d'un inconnu du genre, Daniel Stamm, et de son Dernier Exorcisme absolument terrorisant. En attendant donc une nouvelle oeuvre satisfaisante qui pourrait bien arriver en fin d'année avec le très prometteur Possédée d'Ole Bornedal, un petit retour en arrière dans le genre s'impose. 

2005. Arrive sur les écrans L'Exorcisme d'Emily Rose, un scénario adapté d'un des plus célèbres cas de possession : l'affaire Anneliese Michel, une jeune allemande décédée des suites d'une possession démoniaque et de ses tentatives de traitements religieux, un cas qui à ce jour reste l'un des plus troublants, car l'un des seuls reconnus et surtout, l'un des seuls ayant bénéficié de véritables preuves. En bref, L'Exorcisme d'Emily Rose s'inspire entièrement d'un fait réel, et fait certainement partie des films relatés avec la plus grande fidélité à l'histoire d'origine. Mais il s'agit également de l'un des films les plus originaux de sa thématique. En réalité, l'Exorcisme d'Emily Rose n'est pas un film d'horreur, mais plutôt un thriller juridique, la moitié du métrage étant vouée au procès du prêtre responsable de l'exorcisme de la défunte possédée. Ce n'est qu'en flashback que l'on suivra la véritable histoire à l'origine du scénario, un montage plutôt intelligent qui donne à l'ensemble du film une cohérence et une crédibilité supérieure à la moyenne. Et pour cause, contrairement aux films de genre habituels qui n'accordent qu'une place réduite au scepticisme, le concept du procès suivi jours après jours apporte à l'histoire un traitement différent de ce que l'on a l'habitude de voir, mais surtout réellement intéressant. L'Exorcisme d'Emily Rose bouleverse dés ses premières minutes les codes : Le film commence et l'on assiste déjà à la mort de l'héroïne, interprétée par une Jennifer Carpenter méconnaissable et totalement habitée par son personnage pourtant loin d'être le plus simple à incarner, une actrice prometteuse qui prouvera tout au long du métrage un talent indéniable. 



Ce n'est qu'ensuite que le procés débute. Procés dans lequel Emily Rose laisse place au prêtre responsable de son exorcisme, qui racontera son histoire et sera défendu par son avocate, un rôle bien délicat lorsqu'il s'agit de faire admettre une entité démoniaque coupable dans une cours d'assise. Les questions s'enchaînent donc, où est le vrai, où est le faux ? S'agit-il d'un meurtre ou est-ce l'oeuvre du démon ? Emily était-elle réellement possédée ou était-elle victime de psychose et de crises d'épilepsie comme les médecins le revendiquent ? Croyances mystiques ou véritable expérience irrationnelle ? Le film laisse libre cours à l'opinion personnelle de ses spectateurs, et chacune des thèses sont férocement soutenues par les partis du procès. A ce titre, Laura Linney s'avère attachante et très convainquante dans le rôle de l'avocate du Père Moore. Mais L'Exorcisme d'Emily Rose comporte également son lot de scènes horrifiques, ces flashbacks si inquiétants et dérangeants pendant lesquels on assiste à l'évolution de la jeune fille, et même si le film ne fait jamais littéralement trembler de peur, ces retours en arrière n'ont aucun mal à nous glacer le sang tant la performance de Jennifer Carpenter est bluffante. Sans jamais user d'effets spéciaux numériques exagérés comme cela peut parfois être le cas, ces scènes s'enchaînent et demeurent suffisamment sobres pour être crédibles. 

En somme, L'Exorcisme d'Emily Rose est un thriller horrifique captivant, qui ne tombe à aucun moment dans la surenchère. Un concept novateur et original pour un fait réel qui n'aura pas de mal à bousculer nos convictions.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire