mercredi 20 novembre 2013


Sept ans après son très réussi L'Exorcisme d'Emilie Rose, Scott Derrickson retourne derrière sa caméra de cinéaste horrifique, après un joli flop du côté de la science-fiction : sa précédente et seule autre production en date, Le Jour où la terre s'arrêta, n'ayant clairement pas convaincu les critiques. C'est donc avec Sinister que l'on retrouve non sans attentes celui qui avait autrefois su faire d'un thème banal et aseptisé - Les exorcismes inspirant toujours plus le cinéma de genre depuis ces quelques dernières années - , un film d'horreur original et abouti. Cette fois, Scott Derrickson met en scène l'histoire d'une famille, et plus particulièrement d'un écrivain de romans policiers, dont le déménagement dans une maison ayant autrefois appartenu à une famille retrouvée pendue dans le jardin, bouleverse quelque peu le quotidien. 

En effet, dés son arrivée, Ellison - Interprété par un Ethan Hawke plutôt inspiré - trouve dans le grenier de vieilles bobines de film, qui pourraient cruellement contribuer au succès de son prochain livre... Mais également le plonger au coeur d'une enquête dont il n'imaginait pas les conséquences. En réalité, Sinister est clairement centré sur son personnage principal : un écrivain prêt à tout pour connaître à nouveau le succès de ses précédents ouvrages, jusqu'à l'immersion-même dans une maison où de sordides évènements ont pourtant eu lieu. Le personnage d'Ellison est de loin l'un des points forts du métrage, presque aussi fasciné qu'effrayé par les images qu'il n'a de cesse de visionner et par la tournure que prends peu à peu sa propre vie quotidienne et familiale. Et pour cause, les images des pellicules auxquelles l'on assiste en même temps que ce dernier s'avèrent extrêmement glauques, contribuant dés l'introduction du film à son ambiance assez macabre, presque dérangeante. La bande-sonore n'est d'ailleurs pas étrangère à cette atmosphère, le son étant l'un des éléments centraux de Sinister, grâce à une bande-originale à glacer le sang signée Christopher Young qui arrive à nous faire frissonner tout au long du film. Difficile donc de ne pas avoir littéralement peur devant Sinister, qui ne se contentera pas de faire claquer quelques portes pour impressionner ses spectateurs, mais qui parvient à créer une véritable ambiance effrayante, agrémentée de certains passages juste terrorisants. 


A ce niveau-là, on pourrait facilement penser à Insidious qui se révélait tout aussi efficace, mais avec une impression supplémentaire : celle de la maturité, presque de vérité, qui n'apparaissait pas forcément chez ce dernier. Car tel est également l'un des points forts de Sinister : la sensation d'authenticité qui s'en dégage, dûe notamment au fait que le film soit entrecoupés de ces vidéos si morbides et vraiment très réalistes. En somme, cela fonctionne, parfaitement bien. Le véritable seul problème arrive ensuite, dans la dernière partie du film. Le scénario nous emmène petit à petit vers une explication, les rebondissements s'enchainent sans que le film ne parvienne à s'essouffler, et ce jusqu'au dernier quart d'heure. Malheureusement, si le métrage met quinze bonnes minutes à se conclure, il l'était déjà dans nos têtes depuis un petit moment déjà. La faute à un dénouement assez prévisible qui donne lieu à quelques facilités de scénario dans lequel le film n'était pas tombé jusque là. En revanche, et même si l'on a tendance à la saisir un peu trop rapidement, l'explication finale est plutôt convaincante, moins ambitieuse que ce que la première heure de film laissait augurer mais suffisamment sombre et occulte pour conclure un film d'horreur surprenant, dans le bon sens du terme. 

Et même si la scène finale légèrement too much ne méritait pas forcément sa place dans le film, on ressort de la salle de cinéma avec une certitude, celle d'avoir assisté à l'un des films d'horreur les plus éprouvants de l'année. Et très certainement l'un des plus aboutis, confirmant à son tour le talent de Scott Derrickson pour ce genre de cinéma. Et l'on attends la suite avec impatience.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire