samedi 7 décembre 2013

Déjà huit ans que l'on attendait le retour sanglant de notre poupée diabolique préférée. Après un Fils de Chucky en demi-teinte, Charles Lee Ray revient sur les écrans pour perpétuer l'un des mythes phares du cinéma horrifique, la plus sadique des killer-dolls tout droit sortie du rayon des jouets pour enfants. Né de l'imagination de Don Mancini à la fin des années 80, ce petit être de plastique se fait très vite un nom grâce à un premier volet définitivement culte, au point de faire oublier ses deux suites plus ou moins convaincantes. C'est seulement à la fin des années 90 que la saga se voit à nouveau offrir un volet à la hauteur du personnage, le désormais culte La Fiancée de Chucky. Humour noir et sadisme déjanté, notre Chucky ressort son couteau et rencontre l'amour dans un métrage fun et macabre à souhait. Si les péripéties de sa progéniture n'ont convaincu ni la presse ni les spectateurs, Don Mancini n'a finalement pas abandonné son croquemitaine et le ressuscite pas loin d'une décennie plus tard. Première surprise et de taille, le cinéaste nous évite l'éternel et désormais classique remake du premier opus et réalise une suite de la première trilogie. Après un quatrième puis un cinquième volet très orientés second degré, Curse of Chucky renoue avec l'univers originel de la saga, le véritable film d'horreur, sérieux, sombre, mais toujours aussi sadique. 

Si ses deux prédécesseurs ne s'intéressaient plus qu'à la simple poupée de plastique tueuse, Don Macini met considérablement en avant l'histoire de son possesseur, Charles Lee Ray, et nous offre notamment un flashback d'une esthétique assez bluffante qui viendra compléter la biographie de notre cher serial-killer. Mais cet appréciable retour au sources est loin de concerner seulement la poupée, le film tout entier adopte une forme très différente de celle que l'on attendait. Une première pour la saga, qui concentre cette fois son action dans un seul et unique lieu : un vaste manoir, qui plus est pas des plus rassurants. Se confinant ainsi dans un quasi huis-clos et nous rappelant par la même occasion le registre épouvante que la saga avait depuis longtemps abandonné, La Malédiction de Chucky oriente sa première moitié vers le film d'angoisse et d'atmosphère. Et l'on se souvient dés lors que la version immobile et inanimée de Chucky peut être encore plus effrayante que la poupée hyperactive au couteau de boucher ensanglanté. Le cinéaste parvient à instaurer une tension et un suspense auxquels on ne s'attendait pas le moins du monde. Et cela fonctionne étonnamment bien. A l'heure où nous avions perdu tout espoir de frissonner à nouveau devant la poupée meurtrière, on se surprends à scruter nerveusement l'écran à la recherche de sa silhouette. 

Et même si les rideaux de douches et autres portes entrouvertes ont vu passer bien trop de boogeymans pour nous faire oublier cette légère sensation d'attendu, on se prends très facilement au jeu, et l'effet est au rendez-vous. On fait d'ailleurs connaissance avec Fiona Dourif, fille de l'interprète de notre bien-aimé tortionnaire, qui suit non sans un certain talent les pas de son père. Dans la peau d'un personnage principal attachant et plus original que la moyenne, la jeune femme se détache grâce à une extrême justesse du reste du casting, et s'avère à elle seule l'une des meilleures surprises du métrage. Quand à notre Chucky, il ne se contente heureusement pas d'une partie de cache-cache silencieuse, et ses instincts meurtriers reprennent vite le dessus sur la finesse et la suggestion des premières minutes, dans une seconde partie de film qui vire au véritable bain de sang. Un vrai petit slasher à proportions réduites. Dans l'atmosphère lugubre de la maison plongée au coeur d'un orage, le réel carnage commence. Meurtres inventifs et toujours plus sanglants sont au menu de ce nouveau volet qui assume pleinement ses airs de série B propres à la saga originelle. La poupée maudite ne fait pas dans la dentelle, et parvient sans aucune difficulté à nous tenir en haleine jusqu'à la fin. Et si le faciès de la nouvelle poupée avait de quoi sérieusement inquiéter sur les affiches et autres images de promo, son évolution purement esthétique au cours du film a de quoi surprendre. Et c'est non sans soulagement que l'on découvre que le véritable Chucky est bel et bien de retour. Brad Dourif rempile pour notre plus grand plaisir, celui sans qui Chucky n'aurait certainement jamais eu le succès qu'il a connu n'a pas perdu une miette de son inspiration sadique lorsqu'il s'agit de commenter ses meurtres avec humour noir et sadisme jouissif. 

Les années passent mais Chucky n'a visiblement pas pris une ride. Le parti pris par son créateur pour ce sixième volume est le bon et fonctionne parfaitement bien, signant nos retrouvailles avec un Chucky que l'on n'avait plus eu l'occasion de revoir depuis pas mal d'années.. La poupée n'a cette fois pas été déterrée pour faire rire, mais bel et bien pour faire peur. Un retour aux origines surprenant et réussi pour une poupée qui n'est définitivement pas prête d'être oubliée. 

1 commentaire:

  1. Nouveau blog pour un nouveau départ ♥
    Parce que si tu pouvais encore repousser la perfection tu le ferais et ça donnerait ton blog ♥

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