" LA PREMIÈRE FOIS QUE JE L'AI VU, IL Y A QUINZE ANS DE CELA, ON M'A DIT QUE CET ENFANT N'AVAIT PLUS NI RAISON, NI CONSCIENCE. QU'IL NE RÉAGISSAIT PLUS AUX CHOSES LES PLUS RUDIMENTAIRES COMME LA VIE OU LA MORT. LE BIEN OU LE MAL. LE VRAI ET LE FAUX. J'AI VU CET ENFANT DE SIX ANS AU VISAGE MORT, PÂLE, OÙ NE SE PEIGNAIT AUCUNE EMOTION, AVEC D'IMMENSES YEUX NOIRS... LES YEUX DU DIABLE. J'AVAIS LA CERTITUDE QUE CE QUI HABITAIT CET ENFANT ETAIT... LE MAL À L'ÉTAT PUR "
- Dr. Samuel Loomis
Il y a quarante ans, naissait l’une des âmes les plus mythiques du film de genre, Michael Myers. John Carpenter n’imaginait certainement pas à quel point son travail, son oeuvre et le monstre qu’il avait crée deviendrait l’un des précurseurs du cinéma d’épouvante. Et encore moins le symbole cinématographique d’une fête aussi populaire qu’Halloween. Une petite rue d’Haddonfield, un croquemitaine au masque blanc et Jamie Lee Curtis, il n’en faut pas plus pour représenter Halloween. La fête des morts. Dans tous les sens du terme. La plus célèbre des sagas de films d’épouvante des années 80 revient dans nos salles obscures. De quoi enfin fêter dignement Samhain ?
Certes, le nombre de films et les différentes déviations scénaristiques font d’Halloween une saga relativement chaotique. Au fil des huit épisodes, les cinéastes qui se sont succédés à la tâche se sont tant bien que mal renvoyé la balle, évoquant ou non des liens fraternels entre Laurie et Michael, tuant et ressuscitant Laurie à la guide des nouvelles ambitions des scénaristes, ou considérant même qu’Halloween ne devait pas forcément raconter l’histoire du tueur masqué lors du troisième opus. Malgré tout, on ne peut pas enlever à la saga cette âme, que chacun de ses films est parvenu à conserver. Cette magie sanglante qui fait d’Halloween aujourd’hui bien plus qu’une simple franchise, un véritable mythe du film d’horreur. L’un de ces mythes indémodables que l’on a pas besoin d’avoir vu pour connaître, qui occupe sa place dans la culture populaire. Et l’essence-même de cette pérennisation ne peut être autre que Michael Myers. Si les deux premiers volets de la saga sont de pures merveilles cinématographiques, les volets suivants n’ont pas toujours bénéficié de la virtuosité de leurs cinéastes respectifs. Et pourtant, Myers n’a jamais perdu son aura fantomatique, ses apparitions à l’écran n’ont jamais remis la force de son personnage en question. Cette constance, c’est certainement à son propre créateur que Michael Myers la doit. John Carpenter a su faire naître un monstre de films d’horreur qui dépasserait le cadre de son propre film, il a su fabriquer une véritable figure, sans jamais montrer son visage. Et ce qui pourrait sembler paradoxal ne l’est finalement pas le moins du monde. Comment mieux incarner la peur qu’en cachant celui qui en est l’auteur ? Le masque confère à Michael Myers cette sorte de lueur obscure, la pâleur du masque qui contraste la noirceur de son regard. Carpenter a déshumanisé son personnage pour le rendre effrayant, mais pas assez pour lui permettre d'accéder au registre du fantasme. Michael Myers est un être humain. Et c’est cette ambivalence qui fait de lui un personnage tellement à part dans l’univers horrifique. Cette confrontation constante du psychopathe tueur en série interné dans un asile psychiatrique, objet de la science et de la médecine, et du croquemitaine, insaisissable, qui ne peut pas mourir et qui n’est finalement qu’une personnification du mal en personne.
The Shape est bel et bien le liant de la longue fresque horrifique qu’est Halloween, au point même d’avoir poussé un cinéaste moderne comme Rob Zombie à démystifier son personnage, dans le cadre de ses deux remakes réinventant les deux premiers chapitres de la saga, moins fantasmagoriques et bien plus viscéraux que leurs prédécesseurs. Ces deux expériences ne pouvant toutefois être considérées au sein-même de la saga authentique, cela faisait plus de seize ans qu’un Halloween n’avait plus vu le jour. Seize ans que nous avions laissé Michael Myers, reprenant vie sur une table de morgue, dans les dernières secondes d’Halloween Résurrection. La suite, on ne la connaitra pourtant pas. Et pour cause, pour son grand retour, Halloween fait table rase des sept films consécutifs ayant fait suite à l’oeuvre originelle de 1978. On oublie donc définitivement le lien de sang unissant Laurie et Michael, tout comme son obsession chronique d’éradiquer tout être présent sur son arbre généalogique. Si l’on ne se réfère qu’à La Nuit des Masques, Michael Myers est un tueur animé que par le simple besoin de tuer quiconque croiserait sa route ou rôderait aux alentours de l’ancienne maison qu’il partageait avec sa famille avant d’y égorger sa petite soeur.
Dans ce nouveau volet, c’est quarante ans après cette sinistrement célèbre soirée d’Halloween que nous retournons à Haddonfield. Si Myers est à nouveau enfermé dans une unité psychiatrique, Laurie n’a pas quitté les lieux non plus. Notre Jamie Lee Curtis est toujours là, quelques années de plus se sont dessinées sur son visage, mais n’ont pas fait disparaitre cette aura qui fait d’elle l’une des plus grandes icônes féminines du film de genre. Tous les ingrédients sont au rendez-vous, y compris la présence de John Carpenter à la production qui n’avait plus participé au moindre projet Halloween depuis le deuxième volet. Mais il y a aussi Blumhouse, qui commence à inspirer davantage de crainte que de confiance depuis quelques mois. Et il y a surtout les innombrables déceptions que d’autres icônes du cinéma de genre remises au goût du jour nous ont fait subir ces quelques dernières années. Michael Myers est-t-il véritablement de retour ?
Halloween, cuvée David Gordon Green nous a insidieusement permis de douter. Les plus fervents fanatiques du tueur masqué ont immanquablement dû sentir leur rythme cardiaque s’affoler lorsqu’un angle de caméra se retrouve dés les premières minutes de film irrésistiblement attiré par le visage de Myers, n’arrêtant son mouvement juste avant l’instant où il nous aurait été dévoilé pour la première fois, oeuvres de Zombie mises à part. Dans la même veine, difficile de ne pas s’inquiéter lorsqu’une pseudo-enquête journalistique a l’air au moins quelques minutes de constituer le prétexte de ce nouvel opus. Halloween Résurrection ou Blair Witch plus récemment nous ont au moins délivré une leçon : revenir sur les lieux d’un précédent film avec pour unique but… de revenir sur les lieux d’un précédent film, avec une caméra embarquée ou vingt-cinq caméras de télévision, ce n’est pas une bonne idée. Mais finalement, nos angoisses conservatrices, notre quasi-instinct maternel pour cette saga qui a bercé pour certains les débuts de leur amour du cinéma de genre, toutes ces inquiétudes se sont petit à petit dissipées au fil des minutes. Halloween arriverait presque à nous soigner des traumatismes infligés par les récents Massacre à la Tronçonneuse 3D, Amityville Awakening, par les quatrièmes volets d’Insidious et de REC, et autres Poltergeist remasterisés. Au contraire, il nous rappelle plutôt ce que l’on aurait tendance à oublier : dépoussiérer les vieux bibelots a parfois du bon. Sans ces ambitions de renouveau pour ces oeuvres d’une autre époque, il n’y aurait jamais eu de Dernière Maison sur la Gauche, de Colline a des Yeux, de Massacre à la Tronçonneuse. Et il y aura bel et bien un nouvel Halloween. Car Halloween est un Halloween. Un vrai Halloween.
Certes, le nombre de films et les différentes déviations scénaristiques font d’Halloween une saga relativement chaotique. Au fil des huit épisodes, les cinéastes qui se sont succédés à la tâche se sont tant bien que mal renvoyé la balle, évoquant ou non des liens fraternels entre Laurie et Michael, tuant et ressuscitant Laurie à la guide des nouvelles ambitions des scénaristes, ou considérant même qu’Halloween ne devait pas forcément raconter l’histoire du tueur masqué lors du troisième opus. Malgré tout, on ne peut pas enlever à la saga cette âme, que chacun de ses films est parvenu à conserver. Cette magie sanglante qui fait d’Halloween aujourd’hui bien plus qu’une simple franchise, un véritable mythe du film d’horreur. L’un de ces mythes indémodables que l’on a pas besoin d’avoir vu pour connaître, qui occupe sa place dans la culture populaire. Et l’essence-même de cette pérennisation ne peut être autre que Michael Myers. Si les deux premiers volets de la saga sont de pures merveilles cinématographiques, les volets suivants n’ont pas toujours bénéficié de la virtuosité de leurs cinéastes respectifs. Et pourtant, Myers n’a jamais perdu son aura fantomatique, ses apparitions à l’écran n’ont jamais remis la force de son personnage en question. Cette constance, c’est certainement à son propre créateur que Michael Myers la doit. John Carpenter a su faire naître un monstre de films d’horreur qui dépasserait le cadre de son propre film, il a su fabriquer une véritable figure, sans jamais montrer son visage. Et ce qui pourrait sembler paradoxal ne l’est finalement pas le moins du monde. Comment mieux incarner la peur qu’en cachant celui qui en est l’auteur ? Le masque confère à Michael Myers cette sorte de lueur obscure, la pâleur du masque qui contraste la noirceur de son regard. Carpenter a déshumanisé son personnage pour le rendre effrayant, mais pas assez pour lui permettre d'accéder au registre du fantasme. Michael Myers est un être humain. Et c’est cette ambivalence qui fait de lui un personnage tellement à part dans l’univers horrifique. Cette confrontation constante du psychopathe tueur en série interné dans un asile psychiatrique, objet de la science et de la médecine, et du croquemitaine, insaisissable, qui ne peut pas mourir et qui n’est finalement qu’une personnification du mal en personne.
The Shape est bel et bien le liant de la longue fresque horrifique qu’est Halloween, au point même d’avoir poussé un cinéaste moderne comme Rob Zombie à démystifier son personnage, dans le cadre de ses deux remakes réinventant les deux premiers chapitres de la saga, moins fantasmagoriques et bien plus viscéraux que leurs prédécesseurs. Ces deux expériences ne pouvant toutefois être considérées au sein-même de la saga authentique, cela faisait plus de seize ans qu’un Halloween n’avait plus vu le jour. Seize ans que nous avions laissé Michael Myers, reprenant vie sur une table de morgue, dans les dernières secondes d’Halloween Résurrection. La suite, on ne la connaitra pourtant pas. Et pour cause, pour son grand retour, Halloween fait table rase des sept films consécutifs ayant fait suite à l’oeuvre originelle de 1978. On oublie donc définitivement le lien de sang unissant Laurie et Michael, tout comme son obsession chronique d’éradiquer tout être présent sur son arbre généalogique. Si l’on ne se réfère qu’à La Nuit des Masques, Michael Myers est un tueur animé que par le simple besoin de tuer quiconque croiserait sa route ou rôderait aux alentours de l’ancienne maison qu’il partageait avec sa famille avant d’y égorger sa petite soeur.Dans ce nouveau volet, c’est quarante ans après cette sinistrement célèbre soirée d’Halloween que nous retournons à Haddonfield. Si Myers est à nouveau enfermé dans une unité psychiatrique, Laurie n’a pas quitté les lieux non plus. Notre Jamie Lee Curtis est toujours là, quelques années de plus se sont dessinées sur son visage, mais n’ont pas fait disparaitre cette aura qui fait d’elle l’une des plus grandes icônes féminines du film de genre. Tous les ingrédients sont au rendez-vous, y compris la présence de John Carpenter à la production qui n’avait plus participé au moindre projet Halloween depuis le deuxième volet. Mais il y a aussi Blumhouse, qui commence à inspirer davantage de crainte que de confiance depuis quelques mois. Et il y a surtout les innombrables déceptions que d’autres icônes du cinéma de genre remises au goût du jour nous ont fait subir ces quelques dernières années. Michael Myers est-t-il véritablement de retour ?
Halloween, cuvée David Gordon Green nous a insidieusement permis de douter. Les plus fervents fanatiques du tueur masqué ont immanquablement dû sentir leur rythme cardiaque s’affoler lorsqu’un angle de caméra se retrouve dés les premières minutes de film irrésistiblement attiré par le visage de Myers, n’arrêtant son mouvement juste avant l’instant où il nous aurait été dévoilé pour la première fois, oeuvres de Zombie mises à part. Dans la même veine, difficile de ne pas s’inquiéter lorsqu’une pseudo-enquête journalistique a l’air au moins quelques minutes de constituer le prétexte de ce nouvel opus. Halloween Résurrection ou Blair Witch plus récemment nous ont au moins délivré une leçon : revenir sur les lieux d’un précédent film avec pour unique but… de revenir sur les lieux d’un précédent film, avec une caméra embarquée ou vingt-cinq caméras de télévision, ce n’est pas une bonne idée. Mais finalement, nos angoisses conservatrices, notre quasi-instinct maternel pour cette saga qui a bercé pour certains les débuts de leur amour du cinéma de genre, toutes ces inquiétudes se sont petit à petit dissipées au fil des minutes. Halloween arriverait presque à nous soigner des traumatismes infligés par les récents Massacre à la Tronçonneuse 3D, Amityville Awakening, par les quatrièmes volets d’Insidious et de REC, et autres Poltergeist remasterisés. Au contraire, il nous rappelle plutôt ce que l’on aurait tendance à oublier : dépoussiérer les vieux bibelots a parfois du bon. Sans ces ambitions de renouveau pour ces oeuvres d’une autre époque, il n’y aurait jamais eu de Dernière Maison sur la Gauche, de Colline a des Yeux, de Massacre à la Tronçonneuse. Et il y aura bel et bien un nouvel Halloween. Car Halloween est un Halloween. Un vrai Halloween.
Dés les premiers instants de générique, on reconnait cette citrouille tellement symbolique de son prédécesseur. Si la célèbre Jack’O’Lantern se putréfiait lentement autrefois, c’est l’effet inverse auquel on a droit cette fois : la citrouille meurtrie reprend forme et étincelle à nouveau. Le message est clair, l’ambition limpide. Déterrer, c’est littéralement ce qu’Halloween 2018 a décidé de faire de son propre mythe. Plus encore, c’est une vraie déclaration d’amour qu’il profère à son oeuvre originelle. Halloween nous replonge dans les rues d’Haddonfield, au coeur des notes mythiques de l’inoubliable thème de John Carpenter. Quarante ans ont passé, et la plus meurtrière des fêtes d’Halloween a laissé des séquelles. Sur Laurie Strode, devenue grand-mère, et vivant dans le traumatisme constant des évènements de la Nuit des Masques. Sur son bourreau, enfermé entre les murs d’un asile psychiatrique et sous surveillance constante depuis son arrestation. Mais aussi pour le monde qui les entoure, dans l’incompréhension totale de ce massacre, de l’esprit insondable de Michael Myers. Face à son silence glacial, des tentatives de théories mènent certains à reconsidérer l’affaire sous un nouvel angle. Mais l’inexplicable ne s’explique pas. Le psychisme du psychopathe incarné demeurera aussi opaque que sa capacité à s’échapper lors de ses transferts d’unités. Et une fois le monstre lâché dans la nature, la nuit d’Halloween peut enfin battre son plein.
Si Laurie démontrera très vite qu’elle est bel et bien encore la battante d’autrefois, Myers ne semble pas particulièrement souffrir non plus de son âge avancé. Toujours aussi brutal et incisif, ses premiers instants de liberté s’avèrent sanglants. Parfaitement mis en scène, Halloween conserve la tension et la froideur de son prédécesseur et ne fait qu’accroitre son sadisme. Plus fidèle à lui même que jamais, le croquemitaine d’Haddonfield ne va pas faire de quartier, mettant à mort quiconque fera obstacle à sa route. Il tue littéralement comme il respire, sans se poser de question, sans en ressentir la moindre émotion, sans ciller face à aucune de ses victimes. Si ce n’est Laurie, peut-être. Bien qu’il ne soit plus question de leur lien familial, il ne fait pas le moindre doute qu’il la reconnait autant qu’elle le reconnait dés lors que leur chemin se croise à nouveau. L’heure de la revanche a sonné pour le duo mythique, et toute l’importance du traitement que le film accorde à la seule proie ayant échappé à Michael lui confère une force diabolique. Toujours justes dans leurs décisions, et tout particulièrement dans le portrait de Laurie essentiel à cette suite, les scénaristes ont du mal à cacher l’hommage permanent qu’il rendent à Halloween, à John Carpenter. Rempli de clins d’oeil à l’oeuvre originale, des petits détails cachés jusqu’aux grandes références assumées et parfaitement à leur place, Halloween donne cette impression d’intemporalité. Les années ont passé, mais l’âme de la saga ne s’altère pas. Au contraire, elle renaît. Même notre cher docteur Loomis continue d’exister malgré son absence, ingénieusement remplacé par son successeur aux allures de fanatique, dans un registre tout à fait compatible avec l'esprit torturé du plus célèbre des médecins de film de genre. Tout est finalement là, les ingrédients sont rassemblés et d’une richesse bien au-delà de ce qu’on aurait pu attendre d’une suite que l’on a du attendre si longtemps.
Bien qu’il renie la quasi-intégralité de la saga, et notamment son deuxième volet pourtant si souvent apprécié des adorateurs d’Halloween, cette nouvelle version de la suite de l’histoire de Michael Myers et Laurie Strode nous offre bien plus que ce qu’on aurait pu être en mesure d’espérer. Rarement un retour aussi impactant n’aura pu voir le jour au sein du cinéma d’horreur. Et rarement une saga ne l’aura autant mérité. Halloween 2018 est de ces films qui redonnent foi en cet art trop souvent bafoué du remake, de la suite, ou de la revisite. Une oeuvre qui réconcilie Michael Myers avec les sommets du cinéma de genre qu’il a déjà connu autrefois, et qu’il côtoie à nouveau, quarante ans après sa création. Preuve s'il y en avait besoin d'une, que les plus grands mythes sont immortels.
Si Laurie démontrera très vite qu’elle est bel et bien encore la battante d’autrefois, Myers ne semble pas particulièrement souffrir non plus de son âge avancé. Toujours aussi brutal et incisif, ses premiers instants de liberté s’avèrent sanglants. Parfaitement mis en scène, Halloween conserve la tension et la froideur de son prédécesseur et ne fait qu’accroitre son sadisme. Plus fidèle à lui même que jamais, le croquemitaine d’Haddonfield ne va pas faire de quartier, mettant à mort quiconque fera obstacle à sa route. Il tue littéralement comme il respire, sans se poser de question, sans en ressentir la moindre émotion, sans ciller face à aucune de ses victimes. Si ce n’est Laurie, peut-être. Bien qu’il ne soit plus question de leur lien familial, il ne fait pas le moindre doute qu’il la reconnait autant qu’elle le reconnait dés lors que leur chemin se croise à nouveau. L’heure de la revanche a sonné pour le duo mythique, et toute l’importance du traitement que le film accorde à la seule proie ayant échappé à Michael lui confère une force diabolique. Toujours justes dans leurs décisions, et tout particulièrement dans le portrait de Laurie essentiel à cette suite, les scénaristes ont du mal à cacher l’hommage permanent qu’il rendent à Halloween, à John Carpenter. Rempli de clins d’oeil à l’oeuvre originale, des petits détails cachés jusqu’aux grandes références assumées et parfaitement à leur place, Halloween donne cette impression d’intemporalité. Les années ont passé, mais l’âme de la saga ne s’altère pas. Au contraire, elle renaît. Même notre cher docteur Loomis continue d’exister malgré son absence, ingénieusement remplacé par son successeur aux allures de fanatique, dans un registre tout à fait compatible avec l'esprit torturé du plus célèbre des médecins de film de genre. Tout est finalement là, les ingrédients sont rassemblés et d’une richesse bien au-delà de ce qu’on aurait pu attendre d’une suite que l’on a du attendre si longtemps.
Bien qu’il renie la quasi-intégralité de la saga, et notamment son deuxième volet pourtant si souvent apprécié des adorateurs d’Halloween, cette nouvelle version de la suite de l’histoire de Michael Myers et Laurie Strode nous offre bien plus que ce qu’on aurait pu être en mesure d’espérer. Rarement un retour aussi impactant n’aura pu voir le jour au sein du cinéma d’horreur. Et rarement une saga ne l’aura autant mérité. Halloween 2018 est de ces films qui redonnent foi en cet art trop souvent bafoué du remake, de la suite, ou de la revisite. Une oeuvre qui réconcilie Michael Myers avec les sommets du cinéma de genre qu’il a déjà connu autrefois, et qu’il côtoie à nouveau, quarante ans après sa création. Preuve s'il y en avait besoin d'une, que les plus grands mythes sont immortels.



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