Suite à sa très belle version d'Alice au Pays des Merveilles, Tim Burton revient dans nos salles obscures après de longs mois d'attentes. Et comme toute production Burtonienne qui se respecte, Dark Shadows s'est révélée particulièrement attendue, et ce grâce à un casting pour le moins saisissant. Si les associations entre le cinéaste et ses éternels fidèles coulent littéralement de source et n'ont plus rien à prouver tant elles est s'avèrent brillantes à chaque reprise, d'autres naissent pour former ni plus ni moins que l'une des meilleures directions d'acteurs de Burton. On retrouve donc une Chloé Moretz toujours aussi inspirée et charismatique pour son jeune âge - très certainement une future grande actrice -, une Michelle Pfeiffer sombre et attachante, un Jackie Earle Haley terriblement drôle, une Eva Green sulfureuse, une Helena Bonham Carter au meilleur de sa forme, et bien sûr, celui sans qui l'univers de Tim Burton ne serait sans doute pas ce qu'il est aujourd'hui, un Johnny Depp superbe et envoûtant. Outre ce réjouissant défilé d'acteurs et actrices, Dark Shadows surprends à pour ainsi dire tous les niveaux. Burton nous emmène dans un univers qu'il connait sur le bout des doigts, celui des créatures fantastiques, plongées dans un univers bel et bien réel, et l'on ne peut d'ailleurs que repenser à son plus grand chef d'oeuvre, Edward aux Mains d'Argent, devant le personnage si singulier de Barnanas Collins, un vampire réveillé de sa tombe et de retour chez lui après deux cent ans de sommeil forcé. Créatures mythologiques à dents pointues et à griffes acérées, sorcellerie ancestrale et magie noire, les thématiques de Dark Shadows ne sont donc pas en elles-mêmes une grande prise de risque pour le cinéaste. Toutefois, le ton est légèrement différent de celui que ce dernier emploie habituellement. L'humour est de mise, un humour noir et décalé assez étonnant mais auquel l'on se prends très vite. Le film enchaîne des répliques assez somptueuses - " Part te faire trousser la partie la plus charnue de ta sublime anatomie " déjà culte - , révélant encore une fois le talent d'écriture de Burton, qui parvient à construire son film entier avec des dialogues stylés langage noble d'époque, mais empreints d'une grande touche de modernité.
Et c'est le contraste entre ces deux univers qui fait de ce Dark Shadows un métrage plutôt singulier dans la filmographie du réalisateur. Celui-ci prends beaucoup plus de distance qu'à l'accoutumée et ne lésine pas sur le second degré, tout en développant son petit monde de folie, sombre et plein de couleurs à la fois. L'atmosphère des années 70 plongée dans le vingtième siècle, autant dans les décors que dans la personnalité de chacun des personnages donne lieu à des scènes et des répliques croustillantes. Et même si le scénario n'est pas plus original que la moyenne, les rebondissements sont bel et bien au rendez-vous. Le génie de Tim Burton a donc encore frappé, et nous emporte pour deux heures de pure folie cinématographique dans cette revisite du mythe du vampire, très à la page en ce moment, mythe qui rencontre d'ailleurs l'une de ses meilleures exploitations de ces derniers temps au cinéma. Et comme Burton ne se détache pas de ses plus anciens habitués, Danny Elfman fournit une fois de plus à son métrage une bande-originale magique, parfaitement adaptée à l'oeuvre. Les quelques accords d'Alice Cooper ne font d'ailleurs qu'ajouter un peu plus de fun et de folie au film, pour notre plus grand plaisir.
Une chose est sûre, le sens esthétique et l'inspiration décalée de Burton a une nouvelle fois porté ses fruits. Dark Shadows est une oeuvre à l'image de son créateur, qui ose toutefois se tourner vers un esprit beaucoup plus humoristique et déjanté que ce à quoi il nous avait habitué. Une réussite en somme, il n'y a plus qu'à attendre avec impatience le prochain.
Une chose est sûre, le sens esthétique et l'inspiration décalée de Burton a une nouvelle fois porté ses fruits. Dark Shadows est une oeuvre à l'image de son créateur, qui ose toutefois se tourner vers un esprit beaucoup plus humoristique et déjanté que ce à quoi il nous avait habitué. Une réussite en somme, il n'y a plus qu'à attendre avec impatience le prochain.

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