mardi 19 novembre 2013


Jusqu'où iriez-vous pour quelqu'un qui vous est cher ? Jusqu'où pourriez-vous aller pour protéger ceux que vous aimez ? Voilà le genre de questions que ce surprenant Mother's Day ne manquera pas d'éveiller. Un survival de plus dans le genre assez répandu du thriller à domicile, dans lesquels les personnages se retrouvent habituellement pris au piège dans leur lieu d'habitation, aux mains d'individus rarement bien intentionnés. Mother's Day reprends donc cette même thématique, passant après des réussites incontestables, Funny Games U.S, La Dernière Maison sur la Gauche, et dans un style assez différent, The Strangers, pour ne citer qu'eux. 


L'histoire se concentre sur trois frères, dont l'un grièvement blessé à la suite d'un braquage qui a mal tourné, et parallèlement sur un couple organisant une soirée entre amis dans leur villa récemment acquise. Or, cette maison est précisément l'ancienne demeure des trois cambrioleurs et ces derniers, ignorant la mise en vente de la maison, ne semblent pas décidés à céder les lieux aux nouveaux occupants. Et comme ils ne cessent de le répéter, " Maman va arriver ". Si les personnages étaient déjà particulièrement bien interprétés, c'est bel et bien cette fameuse mère qui s'avère la plus bluffante. Tantôt douce et affectueuse, tantôt perfide et machiavélique, Rebecca de Mornay incarne avec brio une femme à glacer le sang. Les relations entre ces personnages sont d'ailleurs au centre même du film, aussi le réalisateur semble avoir accordé une importance particulière à leur psychologie, et ce malgré leur nombre plus élevé que la moyenne dans ce type de survival. Loin de la plupart des psychopathes habituels, la petite famille parvient à nous effrayer autant si ce n'est plus qu'ont déjà pu le faire croquemitaines et monstres de tous genres et de toutes espèces. La plus pure des humanités arrive parfois à faire davantage à faire davantage d'effet que ces derniers. Mother's Day est également un film très choquant, outre les relations très ambigües entre ses protagonistes, les deux heures de métrage accumulent des scènes extrêmement violentes.


 Le sadisme de la maman est de sa progéniture repousse ses limites au fil des minutes sans jamais s'essouffler. Mother's Day se construit donc sur un véritable crescendo d'adrénaline, imprévisible, glacial et horriblement dérangeant. Se mêle au scénario une crise au sein du groupe de victimes : Amour, amitié, trahison, le groupe se déchire et vit une torture autant physique que psychologique. Le film n'est donc pas qu'un simple survival mais également un thriller de séquestration qui joue sur nos nerfs autant que sur ceux des personnages, l'enfermement et la menace que ces derniers subissent ne nous laissant aucun répit. En somme, Mother's Day est une réelle surprise, un film captivant, cruel, dérangeant et bouleversant. Un film de genre où les relations humaines sont instruments de l'horreur, abouti et vraiment réussi. Seul le final aurait tendance à sortir de l'aspect très réaliste du reste du film et clos celui-ci sur une note peut-être un peu trop exagérée pour être crédible. Mais en dehors de ce seul point qui vient légèrement ternir le tableau, on peut parler d'un excellent film de genre, qui aurait largement mérité une sortie en salles digne de ce nom.

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