The Grudge, ou l'un des plus populaires emblèmes de la vague de films de genre asiatiques, très à la page depuis les années 2000. Si cette production américaine n'est ni plus ni moins qu'un énième remake de film d'horreur japonais, Ju-On, le réalisateur aux commandes de la version originale signe étrangement une nouvelle fois pour une nouvelle version de son oeuvre, pourtant assez récente. Même cinéaste, même cadre, une majorité d'acteurs japonais, difficile de comprendre le réel intérêt du métrage par rapport à son ancienne version. Et malheureusement, une fois visionné, il s'avère tout aussi difficile de comprendre les raisons d'une telle popularité. Pourtant, ce n'est plus à prouver, le Japon possède un talent certain en matière de films de genre.Comme en témoignent des films comme Dark Water, Ring, ou encore The Eye, ces productions asiatiques révèlent souvent une âme très différente des métrages habituels, et souvent assez efficaces : les désormais cultes fantômes pâles à longs cheveux noirs nous ont déjà fait trembler plus d'une fois. Mais voilà, comme dans tout phénomène de mode, il y a presque autant de bon que de mauvais. Et The Grudge version américano-japonaise fait partie de cette seconde catégorie. Et l'une des principales raisons à cet échec cuisant tient en un mot : L'ennui. Même pour une âme sensible et facilement impressionnable, The Grudge reste sans grand effet, à quelques exceptions près. Et pour cause, le parcours de notre chère Sarah Michelle Gellar n'est pas des plus convaincant, pas plus que la scène d'introduction plus propice au grincement de dents qu'à une quelconque montée d'adrénaline. En effet, l'un des plus gros défauts de The Grudge réside dans ses personnages. Là où certains métrages parviennent à être réellement habités par leurs acteurs, le tableau est ici largement plus sombre. L'aspect teen-movie du film donne lieu à des protagonistes sans grand charisme, tous portés vers les clichés les plus faciles de cet univers horrifique.
Même notre ex-chasseuse de démons s'avère toujours aussi agaçante, incarnant un personnage sans profondeur, trop intriguée par la présence de l'esprit frappeur pour avoir l'idée de claquer la porte derrière elle. Le seul s'en sortant à peu près bien dans l'histoire n'est ni plus ni moins que le fantôme, dont le cri glacial aura le mérite de constituer les seuls et uniques moments effrayants du film. Pour le reste, il n'y a pas grand chose à conserver. Lorsque le " Bouh fais-moi peur " fonctionne, on peut lui pardonner d'être du simple " Bouh fais-moi peur ". Mais lorsque ce genre de scènes ne parviennent même pas à nous sortir du début de léthargie dans lequel le film nous plonge, il est difficile de lui trouver plus d'excuses. Trop artificiel pour être crédible, trop peu cohérent pour que l'on s'identifie au moindre personnage, The Grudge n'est finalement qu'un enchevêtrement de scènes typiques du genre horrifique nippon, la peur en moins. Quelques parties de cache-cache avec de mystérieux petits garçons adeptes des rampes d'escaliers, et de toutes aussi mystérieuses apparitions de revenants dans les placards plus tard, on en est toujours au même point. Et ce ne sont malheureusement pas ni les portes qui claquent ni les fenêtres qui grincent qui aideront The Grudge à se forger une histoire et un univers suffisamment intéressant et maîtrisé pour nous faire croire un minimum à ce que l'on voit.

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