mercredi 13 novembre 2013


Quel triste accueil pour cette toute dernière production du talentueux Guillermo Del Toro, qui se faisait pourtant attendre depuis déjà quelques mois. La majorité des critiques demeurent sans pitié, le résultat n'étant visiblement pas à la hauteur des attentes. Pourtant, Don't Be Afraid Of The Dark n'est pas si mauvais. Au contraire. C'est vrai, la bande-annonce laissait présager quelque chose de beaucoup plus efficace, beaucoup plus effrayant. Et il est vrai aussi que le long-métrage n'arrive à réellement impressionner qu'à de peu nombreuses reprises. Première déception. Mais passé le cap de cette atmosphère légèrement moins angoissante que prévu, le film possède des qualités indéniables. Et il n'est finalement pas si impossible de se laisser embarquer dans cette sorte de conte horrifique pour enfants, sombre et étrangement poétique. 


L'histoire est plutôt classique, même commune pour un film de genre, assez du moins pour qu'elle puisse faire remonter en nous quelques souvenirs lointains de l'enfance. La peur du noir, l'imagination débordante des premières années de notre vie, les monstres cachés sous le lit et dans les placards... Même si le thème n'est pas forcément le plus original - d'autant plus pour une oeuvre produite par le réalisateur du sombre Labyrinthe de Pan - il n'en reste pas moins un sujet fascinant. Arrive ensuite le centre du film, à savoir l'héroïne, Sally, interprétée à merveille par la petite Bailee Madison, qui s'avère aussi brillante qu'adorable. Avec un jeu très sobre et étonnamment mature pour son âge, elle s'en sort avec les honneurs, et l'on s'attache très vite à son personnage. C'est donc cette petite fille qui va être confrontée à d'étranges créatures, précédemment évoquées dans une introduction noire à souhait, et particulièrement réussie. Les vingt ou trente premières minutes misent sur la suggestion, on arrive à percevoir les voix des créatures, sans savoir à quoi ces dernières peuvent ressembler. De simples murmures d'outre-tombe, qui parviennent sans mal à faire leur petit effet. 

Toutefois l'atmosphère crée est plus proche de celle d'un conte fantastique pour enfants - certes légèrement plus sombre que la moyenne - , que celle d'un véritable film d'horreur. C'est dans sa seconde moitié que Don't Be Afraid Of The Dark commet quelques erreurs. La première, et de loin la principale erreur du métrage, concerne l'arrivée des créatures à l'écran. Si la suggestion du début du film s'avérait efficace et nous offrait quelques plans très réussis - En jouant sur les ombres notamment - , l'arrivée des effets spéciaux brise un peu la magie qu'était parvenu à instaurer le début du film. Des effets spéciaux, qui plus est, pas des plus bluffants. Enfin, le film reste toutefois intéressant à suivre et l'on ne décroche pas son attention de l'histoire jusqu'à la fin, une fin qui aurait d'ailleurs peut-être mérité un peu plus de finesse. 

En somme, Don't Be Afraid Of The Dark n'est pas le film terrifiant que l'on pouvait espérer, mais reste une oeuvre intéressante grâce à son ambiance singulière et surtout, son interprétation parfaite. Un conte enfantin morbide et noir, qui, même s'il n'est pas exempt de défauts, mérite d'être défendu de toutes ces vilaines et cuisantes critiques.

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