Je voudrais vous parler de quelque chose de différent des films habituels qui défilent - ou plutôt qui apparaissent parfois, dans un élan miraculeux d'inspiration divine - sur ce blog. En réalité, ce quelque chose ne s'éloigne pas vraiment de l'univers horrifique qui nous est si cher, vu qu'il s'agit d'un roman, ou plutôt d'une trilogie, de genre. Mais ce qu'il faut retenir avant tout, c'est qu'il s'agit de la trilogie écrite par un certain Guillermo Del Toro, en compagnie d'un auteur de thrillers que je ne connaissais pas jusqu'ici, Chuck Hogan. Et lorsque l'on a vu Le Labyrinthe de Pan, et que l'on croise sur notre chemin un livre sur lequel s'inscrit le nom de son réalisateur en gros caractères, on ne peut que craquer. Bref, venons-en aux faits. Le premier opus de cette mini-saga s'avère absolument génial. Génial pour plusieurs raisons. Hogan semble être un très bon écrivain, et l'univers de Del Toro lui colle vraiment à merveille. En fait, si le roman est si génial, c'est sûrement parce qu'il est extrêmement cinématographique. Le livre semble avoir été conçu derrière une caméra, c'est assez dingue mais contrairement à des romans que l'on lit et dont seules des images se créent dans notre tête, ici, c'est carrément le film qui défile devant nos yeux. La structure du roman est également assez bluffante, on assiste à plusieurs points de vue, les histoires parallèles de plusieurs personnages par rapport à l'évènement central qui n'est autre qu'une invasion de vampires - Heureusement, il s'agit d'un anti-Twilight par excellence -. Mais le plus impressionnant reste la facilité avec laquelle les deux auteurs parviennent à nous emmener à peu près partout où ils le souhaitent. Aussi, certains passages sont tout simplement effrayants - A vrai dire, il me fut assez difficile d'éteindre la lumière certains soirs, de ne pas dévisager ma fenêtre et mes portes de placards, on ne se moque pas. - et d'autres, beaucoup plus.. Gores. Car oui, lorsque je dit que La Lignée est un anti-Twilight, elle l'est jusqu'au bout. Bref, il y aurait encore des tas de choses à dire sur le début de cette trilogie vraiment surprenante, noire, sombre, et macabre à souhait, tout en gardant toutefois une certaine classe, c'est assez indescriptible. Mais le fait est que cette Lignée est un réel coup de coeur. Un teaser cinématographique a d'ailleurs été réalisé pour la promotion du livre. Plutôt court, et les extraits en question rendent largement moins bien qu'à l'écrit, mais elle donne une idée assez fidèle de la noirceur du livre. Avis aux amateurs.
" L'inconnu marcha jusqu'au milieu de la rue et s'immobilisa, les bras ballants. Sa poitrine était si flasque qu'on ne le voyait pas respirer. Un petit vent ébouriffait ses cheveux d'un faux brun-roux, découvrant des racines grises. Il leva les yeux vers la fenêtre de Zack et, l'espace d'un instant étrange, leurs regards se croisèrent. Le coeur de Zack se mit à battre de toute allure. Il n'avait pas encore vu l'homme de face. Jusque là, il n'avait pu observer que son dos ou son flanc pleins de replis, mais à présent, il découvrait le thorax entier et la grande cicatrice en Y qui le traversait de part en part. Et puis il y avait les yeux. Morts, vitreux, opaques malgré le clair de lune. Pire encore, ils n'arrêtaient pas de bouger : ils regardaient de tous les côtés puis revenaient se fixer sur ceux de Zack avec une expression que ce dernier n'aurait su définir avec précision. "


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