Les salles obscures de cette année 2012 s'avèrent délicieusement Burtoniennes, pour notre plus grand plaisir. Quelques mois seulement après son coloré et détonant Dark Shadows, Tim Burton revient cette fois sur les écrans dans un style et un genre qu'il semblait à peu d'exceptions près avoir oublié ces derniers temps. Aucune trace de Johnny Depp ni même d'Helena Bonham Parker au casting, le cinéaste semble opérer un retour aux sources en s'inspirant de l'un de ses courts métrages du début de sa carrière. Le résultat est pour le moins surprenant : un film d'animation entièrement réalisé en noir et blanc et dans une esthétique sortant de l'ordinaire. Tim Burton revient vers ses thèmes de prédilection, et surtout vers une atmosphère propre à sa personnalité que l'on n'avait plus retrouvé depuis Les Noces Funèbres, le réalisateur semble avoir consacré à son film un concentré de son art et de son univers si spécial, mais si magique à la fois. Et pour cause, Frankenweenie n'est ni plus ni moins qu'un Simetierre version Burton. On fait connaissance avec un petit garçon pas comme les autres, Victor, un enfant solitaire et plus intelligent que la moyenne, avec pour seul ami son chien Sparky, jusqu'à ce que celui-ci soit victime d'un accident tragique. Mais l'amour que porte Victor à son compagnon va le conduire à jouer un peu trop dangereusement avec la science, et entrainer des conséquences qu'il n'avait pas forcément prévu. La mort, le deuil, et le retour à la vie sont donc les deux thèmes au centre du métrage, par conséquent extrêmement sombre mais toujours très attachant. L'esthétique du métrage s'accorde tellement bien au thème qu'il est impossible de concevoir le film autrement qu'en noir et blanc, les personnages comme les décors sont magnifiques, et d'autant plus appréciables quand on sait qu'ils ont été conçus dans la pure tradition du dessin animé, image par image, plutôt loin des dessins animés numériques actuels.
Mais Frankenweenie est également empreint de la désormais célèbre poésie macabre burtonnienne, dans laquelle absolument rien n'est laissé au hasard : Des plus petits détails insignifiants du décor, aux plus courtes répliques des personnages. A l'image de la majeure partie de la filmographie du cinéaste, Frankenweenie est une oeuvre extraordinairement riche, à savourer sous tous les plans. A ce titre, l'éternel Danny Elfman est une fois de plus chargé de la bande-originale du film, toujours aussi brillante et collant parfaitement bien à l'âme et l'ambiance dans laquelle il nous plonge. On retrouve de nombreuses références, provenant autant du cinéma d'épouvante que de la propre filmographie de Burton, habitué de l'auto-référence. D'ailleurs, le personnage principal du film, Victor, pourrait facilement être perçu comme une image du cinéaste lui-même, plein d'imagination, de noirceur et de folie.
C'est donc avec une très belle réussite que Tim Burton achève son année cinématographique, et signe clairement l'un de ses meilleurs films depuis longtemps. Tout ce que l'on aime chez le réalisateur concentré en un film, qui éveille les souvenirs et la saveur de ses plus grandes oeuvres, Edward aux Mains d'Argent notamment. Sombre mais débordant de sensibilité, horrifique mais réellement émouvant, Frankenweenie parvient à nous faire passer du rire à l'attendrissement, à la tristesse et même aux larmes, le temps d'un film. L'un des plus grands génies du cinéma qui n'a clairement plus rien à confirmer nous offre donc l'un des meilleurs films de l'année, une véritable déclaration d'amour à l'art qu'il maîtrise si bien. Une fois de plus, vivement le prochain.
C'est donc avec une très belle réussite que Tim Burton achève son année cinématographique, et signe clairement l'un de ses meilleurs films depuis longtemps. Tout ce que l'on aime chez le réalisateur concentré en un film, qui éveille les souvenirs et la saveur de ses plus grandes oeuvres, Edward aux Mains d'Argent notamment. Sombre mais débordant de sensibilité, horrifique mais réellement émouvant, Frankenweenie parvient à nous faire passer du rire à l'attendrissement, à la tristesse et même aux larmes, le temps d'un film. L'un des plus grands génies du cinéma qui n'a clairement plus rien à confirmer nous offre donc l'un des meilleurs films de l'année, une véritable déclaration d'amour à l'art qu'il maîtrise si bien. Une fois de plus, vivement le prochain.

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