mercredi 20 novembre 2013


Fin des années 90, paraissait dans les bibliothèques britanniques le tout premier volume de ce qui allait devenir la saga de toute une génération. J.K.Rowling donnait vie à un certain Harry Potter, petit garçon dont la découverte d'un monde magique allait faire basculer la vie, et le phénomène médiatique était déjà tel qu'il n'allait visiblement pas s'arrêter là. Quinze ans, sept romans et huit films plus tard, force est de constater que notre désormais très cher héro connaît toujours autant de succès, sur le papier comme à l'écran. Et une chose est sûre, n'est pas prêt d'être oublié.





Premier chapitre de la saga, Harry Potter à l'Ecole des Sorciers conservera toujours sa saveur particulière, les toutes premières images réelles d'un univers que l'on avait jusque là uniquement imaginé. Chris Colombus nous plonge dans l'univers magique du roman, qui hérite vraiment d'une excellente adaptation. Autant du point de vue du casting que du scénario, les premières aventures d'Harry et ses amis s'avèrent parfaitement bien retranscrites. Le film déborde de magie, autant que les décors absolument splendides. Du château de Poudlard au terrain de Quidditch en passant par les immenses banquets dans la grande salle et par la visite de l'inquiétante Forêt Interdite, le réalisateur ne lésine pas sur les moyens et donne à ce premier volet une esthétique irréprochable. Quant à Harry, Ron et Hermione, il ne fallait pas plus d'un film pour confirmer leur compatibilité totale à l'écran, grâce à une complicité naissante qui ne fera que s'accroître. Dans ce volet, notre petit trio d'apprentis sorciers affronte pour la première fois celui qui deviendra le fil conducteur de la saga : Lord Voldemort. Mais si le film reste plutôt soft et si l'aspect beaucoup plus sombre de la saga n'apparait réellement que dans les opus suivants, Harry Potter à l'Ecole des Sorciers reste une très belle introduction à l'univers délicieusement magique crée par J.K. Rowling.







Pour le deuxième chapitre de la saga, Chris Colombus est de retour pour la seconde et dernière fois dans le monde des sorciers et nous livre une fois de plus une adaptation extrêmement fidèle au roman d'origine. Harry, Ron et Hermione sont de retour à Poudlard tandis que d'autres nouveaux personnages fondamentaux pour la suite de l'histoire, et pas des moindres, font peu à peu leur apparition. C'est d'ailleurs ainsi que l'on fait connaissance avec Dobby, attachant elfe de maison dont l'esthétique s'avère particulièrement bien retranscrite à l'écran. Mais Harry Potter et la Chambre des Secrets oriente également la saga vers une magie beaucoup plus maléfique et beaucoup moins blanche que ce que l'on pouvait voir dans l'opus précédent, avec la découverte de la Chambre des Secrets, et de plus amples révélations sur Voldemort et l'étendue de ses pouvoirs. Ajouté à cela un casting toujours aussi convainquant, qu'il soit attachant - Nos trois héros évoluent et semblent toujours plus confirmer leur talent indéniable - , comique - Le professeur Lockart est plutôt génial - , ou tout simplement exécrable - Allan Rickman campe un Severus Rogue toujours plus détestable -. Une suite à la hauteur de son prédécesseur, annonçant les prémices d'un grand tournant dans la saga : Celui de la noirceur, et surtout, une vraie réussite.







Troisième chapitre. S'il s'agissait déjà de l'un des meilleurs tomes écrits par J.K.Rowling, cette adaptation s'avère également être l'un des meilleurs volets de la saga au cinéma. Pourtant, et plutôt étrangement, ce n'est pas Chris Colombus cette fois qui prends en main la caméra mais un tout nouveau cinéaste : Alfonso Cuaron. Et s'il n'est ni le plus connu ni le plus populaire dans le milieu, c'est certainement lui qui est parvenu à retranscrire avec le plus de talent l'ouvrage original. Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban est réellement génial. Pas seulement parce qu'il marque un énorme changement de registre dans la saga, qui passe presque du statut de film pour enfant à celui de véritable film fantastique, mais aussi parce qu'il marque notre rencontre avec des personnages clés du monde des sorciers. Notre cher Sirius Black bien évidemment, l'un des meilleurs personnages que l'on retiendra de la série, et qui s'avère superbement interprété par un Gary Oldman vraiment talentueux. Le professeur Lupin est de son côté l'excellente surprise du casting : fidèle en tout point à ce que l'on pouvait en attendre. Mais ce troisième volet est aussi celui qui bénéficie de l'un des meilleurs scénarios, toujours aussi débordant de magie mais mettant de plus en plus en avant l'aspect psychologique et profond de la saga. Sombre et haletant, un volet inoubliable.







S'en suit donc le quatrième épisode, Harry Potter et la Coupe de Feu. Nouveau changement de cinéaste, qui aurait pu être regrettable lorsque l'on voit la réussite du volet précédent, mais qui finalement s'est avéré presque autant fructueux. On retrouve donc le Tournoi des Trois Sorciers, un des grands évènements de la saga, et sûrement le plus délicat à mettre en scène. Pourtant, Mike Newell est parvenu à le retranscrire avec brio. Le temps où Harry apprenait à voler sur un balai et à jeter ses premiers sorts est à présent bien loin, il doit cette fois affronter contre son grès des épreuves et des créatures dont il était loin d'imaginer l'existence. Une fois de plus, le film bénéficie d'effets spéciaux grandioses, on retiendra notamment la première partie du film et son spectaculaire match de Quidditch. Reste toutefois le seul et certainement le plus gros défaut du film, qui deviendra d'ailleurs le point noir des opus suivants de la saga : Le manque de certains passages des romans d'origines. Et ce quatrième volume est particulièrement abrégé, compréhensible mais inévitablement décevant. Outre cette quasi-seule et principale déception, Harry Potter et la Coupe de Feu est lui aussi un excellent métrage, toujours plus sombre et de plus en plus mature. De moins en moins joyeux mais toujours plus attachant, à la hauteur des trois opus précédents.







Harry Potter et l'Ordre du Phénix, cinquième volet. Encore un nouveau cinéaste, David Yates, qui cette fois perdurera jusqu'à la fin de la saga. Et celui-ci contribue à son tour à l'assombrissement de l'univers et de l'atmosphère des métrages. Un spectacle de plus en plus noir à compter de ce cinquième épisode, dans un style que maîtrise visiblement très bien ce cher monsieur Yates. Un changement de réalisateur d'ailleurs cette fois assez controversé et pour cause, le film hérite d'un accueil beaucoup plus mitigé que les précédents. Pourtant, Harry Potter et l'Ordre du Phénix n'a absolument rien de mauvais, bien au contraire. Certes, on retrouve les mêmes manques de détails qui faisaient déjà défaut à son prédécesseur, mais Yates a su à son tour instaurer à son film une âme digne de la saga. S'il n'est sûrement pas le volet le plus riche en actions - qui se retrouvent surtout concentrées pendant la dernière demi-heure de film - , c'est en revanche l'un des plus importants pour l'évolution et la construction de l'intrigue. Autre élément positif de taille : Le casting, et l'arrivée notamment de personnages assez géniaux et brillamment interprétés : Dolores Ombrage et Luna Lovegood, entre autres. Et puis, il y a le final. Le plus triste et le plus bouleversant de cette première partie de saga. En somme, un excellent opus de transition, dans la lignée des quatre autres.







Arrive ainsi le sixième volet. Et par la même occasion, un flot de critiques très négatives. Et pour cause, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé est l'adaptation la plus surprenante de la saga, pas forcément dans le bon sens du terme. Ajouts de scènes absentes du roman - La destruction du Terrier notamment, scène assez affreuse dont on se serait bien passés - et suppressions de passages pourtant fondamentaux du livre. Ajouté à cela une sorte d'obsession scénaristique pour les petites histoires de coeurs de nos chers héros - Certes importantes à l'origine, mais loin d'être au centre de l'histoire - et un final assez honteusement modifié - Harry libre de ses mouvements lors de l'exécution de Dumbledore, alors qu'il était stupéfixé et invisible à l'origine - , on peut facilement en déduire qu'il s'agit du moins abouti des volets. Toutefois, et mis à part ces éléments assez dérangeants, Harry Potter sixième du nom n'est pas une déception totale pour autant. L'atmosphère qu'il y règne reste très fidèle à celle du roman, et l'évolution de nos héros, du monde serein et magique des premiers volumes vers la peur et la menace d'une véritable guerre est de plus en plus marquée. Le personnage de Rogue prends également de plus en plus d'ampleur, incarné par un Allan Rickman de plus en plus habité par son rôle. Un opus en demi-teinte, mais très loin d'être mauvais.







Après un sixième film légèrement en dessous du niveau général de la série, nous voilà au septième et dernier chapitre, découpé en deux parties distinctes. David Yates semble donc vouloir se rattraper, et met le plus de chance de son côté pour clore la saga de la meilleure façon possible. Si certains ont préféré privilégier l'hypothèse purement commerciale, il faut reconnaître que deux films étaient largement nécessaires pour boucler la saga comme il se doit. On assiste donc au commencement de la quête des Horcruxes, dans un monde des sorciers désormais ravagé par la terreur du Maître des Ténèbres. Le début du film donne clairement le ton, grâce à la première scène assez bouleversante du départ d'Hermione. Il faut le dire, l'ambiance de cette première partie est réellement triste, David Yates privilégie tout particulièrement l'aspect émouvant et touchant de son métrage et parvient même à faire couler quelques larmes. Mais fort heureusement, l'action n'est pas mise de côté pour autant et la quête des Horcruxes s'avère assez riche en rebondissements. L'infiltration du Ministère de la Magie est d'ailleurs particulièrement bien adaptée, pour l'un des passages les plus attendus du dernier roman. Et puis, il y a le final. Un final qui n'épargnera pas nos glandes lacrymales. Un beau volet, sûrement l'un des plus touchants, mais aussi l'un des plus réussis.







On en vient donc enfin au dernier chapitre. Harry Potter et les Reliques de la Mort, Partie 2. Et voilà, c'est terminé. Je vous épargnerais une description trop détaillée de l'état tant psychologique que physique de mes glandes lacrymales après cet ultime et tellement superbe dernier volet, mais force est de constater qu'outre plomber littéralement le moral de tout fanatique de la saga, il la clôture comme elle le mérite. Alors certes, on pourra lui reprocher l'esthétique de certains combats, pour certains largement moins soignés que dans le cinquième volet par exemple - Notamment le face à face final entre Voldemort et Harry, que l'on attendait un peu plus spectaculaire visuellement parlant - , on pourra lui reprocher le manque de détails du roman, mais l'essentiel est là. Et l'essentiel est tout simplement réussi. La dernière bataille, telle qu'on l'imaginait en la lisant, pour laquelle David Yates a une nouvelle fois produit un travail énorme, et le résultat est largement à la hauteur. Nos trois héros réunis pour la dernière fois, dans le plus noir et le plus bouleversant des chapitres de la sagas. Encore une fois, le film nous tient en haleine de la première à la dernière minute, et parvient une nouvelle fois à nous faire passer du rire aux larmes en quelques instants. Epique, grandiose, l'univers d'Harry Potter à son apothéose. Vraiment un sublime final.

Merci, J.K. Rowling, de nous avoir fait rêvé pendant autant d'années. C'est tout ce que l'on pouvait se dire en sortant de la salle de cinéma en juillet dernier, pour la dernière fois. L'imaginaire absolument hallucinant de l'auteur s'est avéré brillamment mis en images par chaque cinéaste ayant contribué à l'adaptation des romans, même si naturellement certains ont su mieux se détacher que d'autres. Rares sont les sagas qui resteront inoubliables, mais l'univers d'Harry Potter mérite largement ce statut. Tout un petit monde aussi riche, aussi débordant d'imagination, d'originalité, et surtout, de génie. Toutes les bonnes choses ont une fin, mais les livres autant que les films nous manquent déjà.


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