jeudi 14 novembre 2013


Il y a des classiques qui ne méritent pas leur réputation, qui se démodent, ou qui vieillissent tout simplement mal. Et puis, il y a les classiques qui ne prennent pas une ride. La Malédiction fait partie de cette seconde catégorie, dans la lignée de l'Exorciste, et aurait même tendance à surpasser le film culte de William Friedkin. Trente années ont passé et pourtant, les scènes les plus marquantes du film de Richard Donner le sont toujours autant aujourd'hui. On suit ainsi l'histoire effrayante du petit Damien, véritable incarnation du mal, sous ses airs de bout de chou inoffensif. Si les deux opus suivants de la saga se concentrent sur son adolescence et sa vie d'adulte, celui-ci nous présente le petit garçon dans les premières années de sa vie. 


Pour cela, le film bénéficie d'un casting absolument irréprochable. Le jeune Harvey Stephens s'avère réellement bluffant de maturité et de talent pour son âge, et parvient sans mal à nous glacer le sang avec de simples regards, de simples expressions. L'acteur dégage quelque chose d'impressionnant, presque indescriptible, et parvient à nous mettre très mal à l'aise pendant tout le film. Et c'est bel et bien ce qui fait la force de La Malédiction, l'ambiance que le film met en place. Le cinéaste semble connaître parfaitement bien la définition du film d'épouvante, et enchaîne des séquences plus glaçantes les unes que les autres. Des scènes qui fonctionnent surtout grâce à leur sobriété, La Malédiction n'est pas un film qui mise sur la surenchère : on n'y retrouve pratiquement aucune scène sanglante, aucun effet gore, et c'est sans doute ce qui contribue l'efficacité du film aujourd'hui, même après trois décennies. Il s'agit donc avant tout d'un film d'atmosphère, dans lequel la violence et le mal qu'il règne autour du petit garçon sont autant physiques que psychologiques. Car La Malédiction, c'est aussi un véritable crescendo horrifique. De l'innocence même d'un nourrisson tel qu'on le voyait dans les premières minutes du métrage, Damien grandit, et devient de jours en jours beaucoup plus puissant, plus calculateur, et bien évidemment, plus dangereux. 


L'évolution de cette aura maléfique se retrouve au centre du film, où l'on assiste à une sorte de descente aux enfers pour la famille. La musique a d'ailleurs été conçue en adéquation totale avec ce sentiment d'oppression, la bande-originale aux accords satanistes est une vraie réussite ; l'Ave Satani est purement effrayant, certainement l'un des thèmes de film d'épouvante les plus mémorables. Et cette ascension du mal en personne est sûrement donc la plus réussie de tous les films de ce thème. La Malédiction est un film d'épouvante qui, en somme, remplit parfaitement bien son contrat. En jouant avec l'imagination et la sensibilité de ses spectateurs, Richard Donner parvient à nous plonger dans un climat réellement effrayant, où l'on ne peut que compatir au calvaire enduré par les deux parents impuissants, et frissonner devant les atrocités qu'entraîne le petit garçon. 

Ni plus ni moins que l'un des plus grands films d'épouvante à ce jour. Il y a des films comme ça, que l'on oublie pas, et dont on ne se lasse pas. Enfin un classique du genre qui mérite son titre.

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