mardi 19 novembre 2013


Sea, sex and blood. Un slogan vendeur, étrangement loin de l'univers auquel Alexandre Aja nous avait habitué jusqu'ici. Un remake de Piranhas, pourquoi pas. Le film original de Joe Dante commençant à dater, une remise au goût du jour n'était pas en soi une si mauvaise idée. Et d'autant plus si celle-ci est effectuée par l'un des plus accomplis cinéaste de genre français, qui nous avait déjà prouvé son talent avec le marquant Haute-Tension, ou encore le désormais célèbre remake de La Colline a des Yeux. Aja semble donc s'éloigner du ton assez sérieux de sa filmographie, pour aller vers quelque chose de beaucoup plus fun, beaucoup plus déjanté, mais toujours aussi viscéral. Mais également vers un public beaucoup plus ciblé. Même s'il est clair, et ce dès les premières minutes de film, que ce Piranha nouvelle génération ne sera certainement pas une nouvelle référence du genre, tout n'est pas totalement noir pour autant. 


Il est difficile de remettre en cause l'aspect purement technique du film, et particulièrement ses effets spéciaux. Pour un film se revendiquant le plus gore et le plus sanglant depuis Braindead, on ne peut pas se prétendre trompés sur la marchandise. Le spectacle s'avère absolument répugnant, mais surtout réaliste : les quinze minutes de pur massacre dans le lac, qui étaient déjà assez peu appétissantes dans la version de Dante, auraient presque tendance à nous détourner les yeux de l'écran. Si le film est donc crédible de ce côté-là, le scénario n'a quand à lui rien de très glorieux, largement en dessous de celui de son prédécesseur. Si le film est donc crédible de ce côté-là, le scénario n'a quand à lui rien de très glorieux, largement en dessous de celui de son prédécesseur. Le problème, c'est que l'on ne sait jamais vraiment discerner le réel ton que le film se donne. Premier degré, parodie ? Mieux vaut opter pour la seconde proposition, une auto-parodie déjantée. Mais là où le bât blesse, c'est que le film s'avère, outre un film fun et plutôt drôle, un véritable amas de vulgarité. 


Le slogan nous avait prévenus, et même si le public masculin ne s'en plaindra malheureusement pas, il faut reconnaître la lourdeur extrême de cet aspect-là du métrage. Autrement dit, il ne fait pas bon d'être une fille pour regarder ce Piranha version moderne. Mais une fois mis - certes difficilement - de côté cet aspect vulgaire, Piranha 3D n'est pas un mauvais film, s'il est pris avec un minimum de second degré. Ni plus ni moins que le film attendu, largement trop en dessous de la ceinture, mais suffisamment fun et drôle pour ne pas se faire totalement détester non plus. 

En somme, Piranha 3D se résumera à de très vilains poissons, des personnages pas des plus intellectuels, et un véritable massacre à couper l'appétit, Alexandre Aja s'est visiblement bien amusé, et parvient à nous amuser un minimum, même s'il reste certain que le cinéaste vaut tout de même largement mieux que ce qu'il nous montre ici.

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