Il y a déjà quatre ans sortait sur nos écrans l'une des plus grosses claques horrifiques des années 2000. Un phénomène tout droit venu d'Espagne, fruit de l'association de deux metteurs en scène : le pour ainsi dire inconnu Paco Plaza et son futur acolyte Jaume Balaguero, qui s'était déjà fait remarquer quelques années auparavant avec ses effrayants Fragile et La Secte Sans Nom. Une sortie qui engendrait le buzz et entraînait une majorité de critiques élogieuses, de quoi donner envie de se pencher très sérieusement sur ce qui semblait être la nouvelle bombe de genre moderne. Et pour une fois, on peut affirmer que l'on n'est pas prêt d'oublier l'expérience. Car si [•REC] premier du nom est incontestablement l'un des meilleurs films de genre de la décennie, il fait clairement partie des plus traumatisants. Le concept est pourtant très simple. Loin de tout film de genre aux scénarios alambiqués, celui-ci se présente sous la forme d'un banal documentaire façon Blair Witch, suivant les pas d'une journaliste et de son cameraman en reportage nocturne dans une caserne de pompiers. En soit, le genre de documentaire classique comme il en passe très souvent sur nos télévisions. Mais les tournures que celui-ci va prendre s'avèrent loin de ce que l'on aurait pu imaginer. Et pour cause, [•REC] est un vrai moment de peur, au sens strict du terme. Si certains films de genre parviennent à nous effrayer par des jump-scares à répétion, en usant et abusant d'effets sursauts - Certes efficaces, mais souvent assez faciles - [•REC] arrive à nous plonger dans une angoisse ambiante et continue. Le film entre rapidement dans le vif du sujet, très vite on se retrouve enfermés dans un immeuble, dans lequel se répand peu à peu une étrange épidémie, faisant ainsi de nos protagonistes des créatures déshumanisées avides de chair fraîche. S'en suit donc une heure de pure terreur, autant pour les personnages impuissants face à la quarantaine mise en place par les forces de l'ordre à l'extérieur du bâtiment, que pour nous, spectateurs dont les nerfs sont mis à rude épreuve.
Propagation progressive du virus, courses-poursuites acharnées entre survivants et infectés, et séquences particulièrement gores, le rythme du film s'emballe plus les minutes passent. Et cet effet dans le vif de l'action est décuplé par le concept de la caméra subjective qu'emploient le tandem de réalisateurs. La caméra à l'épaule utilisée est en l'occurence aussi réaliste qu'elle est bien maîtrisée, l'effet amateur permet une lisibilité parfaite contrairement à bon nombre de métrages ayant repris ce parti par la suit. Mais c'est dans ses quelques dernières minutes que cette vision extrêmement réaliste prends toute son ampleur, un final percutant et absolument traumatisant, quelques minutes qui mêlent en une séquence nos peurs les plus primaires : dans l'obscurité, privés de toute perception visuelle à l'exception prés de la caméra en mode infrarouge, dont l'effet a la fâcheuse tendance à exacerber l'angoisse et la paranoïa. Autant dire que le générique de fin apparaît comme une vraie bénédiction pour notre système nerveux. Le scénario soulève d'ailleurs beaucoup de questions dont certaines resteront sans réponses jusqu'au second opus, mais clos de manière assez frappante ce terrifiant [•REC].
Il s'agit donc bel et bien d'une oeuvre horrifique aboutie et, force est de constater, très réussie. Mais également la révélation et la confirmation de deux cinéastes qui semblent avoir compris beaucoup de choses à l'art de faire peur dans une salle obscure.

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