mardi 19 novembre 2013



Après un premier opus brillant et une suite plus mitigée mais toujours aussi viscérale, le phénomène horrifique espagnol [•REC] se prolonge pour un troisième volet, et plus exactement une préquelle qui ne tardera pas à être suivie par un quatrième et dernier opus, qui s'annonce quant à lui comme une conclusion de la saga. Pour ces deux derniers films, le tandem de réalisateurs se sépare, Jaume Balaguero se réservant la réalisation du grand final et laissant à Paco Plaza le soin de cette préquelle. Si l'on pouvait s'attendre à un flash-back visant à expliquer les origines du virus auquel l'on avait eu à faire dans les deux premiers volets, [•REC] troisième du nom ne s'impose en rien comme une réponse aux potentielles questions que ses prédécesseurs auraient pu soulever. 

L'épisode n'a donc pas grand chose d'un quelconque commencement, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une nouvelle épidémie de ce même virus dans un lieu totalement différent du bâtiment dans lequel l'action des deux premiers se déroulaient. Ce qui en soit pourrait être une déception n'en est pas vraiment une, le final du premier opus allié aux précisions du second apportant déjà beaucoup d'informations sur les origines de cet étrange mal. Qu'en est-il du reste ? En premier lieu, force est de constater que le film opère beaucoup de changements par rapport au début de la saga, et ce à tous les niveaux. Le changement majeur, et le plus étonnant, réside dans la façon dont il est filmé. Le concept de la caméra subjective qui avait fait le succès des volets précédents est très vite laissé de côté pour une image beaucoup plus classique, loin de toute caméra amateur. Si ce changement total est assez surprenant, il est suffisamment bien introduit pour ne pas trop nous déboussoler. Et plus encore, dévoile chez le réalisateur un talent certain, qui le met pleinement à profit pour un résultat largement plus élevé que la moyenne des films de genre habituels. 




En effet, l'esthétique assez sublime des affiches reflète plutôt bien celle du film, qui bénéficie d'une très belle image, qui en jette réellement. Les décors n'y sont d'ailleurs pas pour rien, le contraste entre la résidence luxueuse et colorée dans laquelle se déroule le mariage et le bain de sang proféré par la horde d' invités infectés fonctionne à merveille, les tenues de soirées prennent rapidement la couleur de l'hémoglobine et la salle de réception prends également des airs apocalyptiques. Et nos chers personnages dans tout ça ? Ils survivent, ou plutôt tentent difficilement de survivre au milieu de cette étendue de zombies possédés avides de chair humaine. Le couple de marié s'avère d'ailleurs particulièrement attachant, incarné par deux acteurs justes et très charismatiques. Et comme [•REC]³ est synonyme de grands changements, on assiste également à un bouleversement total au niveau du ton du film. Si les premiers se voulaient très sérieux et le plus réaliste possible, arrive dans ce troisième volet un aspect assez inattendu : L'humour. Un humour noir fort heureusement, assez second degré et parfois même assez méchant, mais qui a de quoi surprendre au milieu d'une saga à l'origine traumatisante de par son extrême réalisme. Ce n'est certainement pas la meilleure idée du film, et le ton aurait peut-être mérité d'être traité avec plus de sérieux mais on se laisse prendre au jeu et finalement, ce n'est pas si négatif que ce que l'on pouvait craindre.

 [•REC]³ est donc en somme une très bonne surprise, un opus orientant la saga vers de nouveaux angles et un tout nouveau style. Si l'atmosphère angoissante est un peu mise de côté au profit d'un spectacle horrifique gore et macabre à souhait, l'esthétique et l'efficacité du film en font une jolie réussite. Il n'y a plus qu'à attendre le quatrième et dernier opus, avec impatience.

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